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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 10:48

 

 

 

Statut juridique de l’animal… ou

révolution de pacotille ?

19 Nov 2013

Ils sont vingt-quatre. Comme l’a justement écrit la journaliste et écrivaine Florence Pinaud sur Rue89 («Comment défendre les animaux sans se faire traiter d’idiot?»), impossible de les accuser de «sensiblerie».


 

 

 

Florence Burgat, Luc Ferry, Élisabeth de Fontenay, Edgar Morin, Boris Cyrulnik, Jacques Julliard, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Erik Orsenna, Hubert Reeves, Didier Van Cauwelaert et treize autres intellectuels — en tant que tels, leurs signatures, «respectables», sont une caution, leur position, de fait, est crédible— ont signé le manifeste de la Fondation 30 Millions d’amis pour un nouveau statut de l’animal dans le Code civil. Il reconnaîtrait sa nature d’être sensible et le placerait dans une catégorie intermédiaire, entre les humains et les choses. Cette initiative est approuvée par neuf Français sur dix (sondage IFOP-30 Millions d’amis, 29-31/10/13). En effet, les animaux domestiques, déjà reconnus, eux, comme «sensibles» (article L214-1 du Code rural), sont cependant toujours, au nom de la loi, considérés comme «biens meubles» (article 528 du Code civil, inspiré de Descartes et de son cruel «animal machine»). Les animaux ne seront pas les seuls à profiter de cette avancée, une meilleure humanité en découlera. Cela s’appelle le Progrès.

 

 

 

Mais la seule perspective de leur donner un vrai statut en effraie déjà d’aucuns, qui s’inquiètent de savoir si l’on pourra toujours «les manger». À propos de la corrida, dès que l’on émet l’éventualité de son abolition, c’est déjà le refrain des aficionados: et après l’interdiction de la corrida, ce sera la chasse, le cirque, le foie gras…, dans le genre: «On vous voit venir!» Pour faire le pendant, j’ai envie de répondre, par provocation, mais pas seulement: «Bien vu, on y a déjà pensé!» Pour ce qui est de «les manger», ma première réaction, moi qui n’en consomme pas la queue d’un, fut d’être agacée par ces carnivores égoïstes incapables de ressentir la moindre compassion, ensuite d’en rire, puis, après réflexion, j’ai trouvé la question des plus intéressantes et judicieuses — elle pointe exactement le fond du problème et aurait déjà dû se poser antérieurement. Car ce statut irait de pair avec une meilleure considération de nos «frères inférieurs» et serait fondé sur de nouvelles relations. Mais j’y vois poindre l’émergence d’un formidable paradoxe. Comment alors logiquement, et surtout légalement, pouvoir continuer à parquer poules, cochons, lapins, etc., dans des élevages intensifs, à chasser, pêcher, gaver, toréer, expérimenter, exhiber, sacrifier au nom du dieu Mode, dresser pour les cirques dans des numéros contre nature et dangereux qu’on force à exécuter éléphants, tigres, lions, etc., comment pouvoir continuer de même à emprisonner dans les zoos et les delphinariums (liste non exhaustive!) des êtres vivants enfin reconnus comme sensibles, qui ressentent la faim, la soif, la peur, l’angoisse, la douleur, dotés d’une intelligence équivalente à la nôtre, proportionnellement à son espèce, les faire souffrir, les TUER? 

 

 

 

 

Il faudrait donc impérativement supprimer tous les articles de loi précédents, afin de ne pas se retrouver dans un cas de figure qui réduirait à néant ce statut révolutionnaire. Quelles seraient les limites d’un tel texte? Je pense notamment à l’excellent article 521-1 de notre Code pénal, qui punit les sévices cruels exercés sur les animaux de deux mois de prison ferme et de 30000 euros d’amende, mais dont l’alinéa 7 autorise l’«exception culturelle» en France: corrida dans le Sud et combats de coqs dans le Nord, et dont nous, anticorrida, demandons la suppression, qui nous paraît d’une légitime évidence, aux politiques. Voilà qui illustre parfaitement mon ressenti et mes craintes. Mais alors combien d’alinéas faudra-t-il afin que ce statut soit «acceptable» pour les humains?

Et, dans ce cas… à quoi bon?

 

 

 

 

 

• À noter : Florence Pinaud est l’auteure de l’excellent Respecter les animaux à petit pas, avec Anne-Lise Combeaud pour les (très beaux) dessins (Actes Sud Junior, février 2013, à partir de 8 ans). Un super cadeau pour les fêtes, intelligent, didactique et peu onéreux (12,70 euros). Critique du bouquin sur ce site même, ici 

 

 

 

• Plus de 300 000 signatures pour le manifeste. Pour le signer vous aussi, cliquez!

Luce Lapin

 

source :

 

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Published by le journal de campagne de KIKI DU 78 - dans animaux
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commentaires

Lady Galga 03/12/2013 07:50

Oui une Révolution de pacotille, mais enfin un petit pas. Les petits ruisseaux d'aujourd'hui feront les grandes rivières de demain. Du moins je veux y croire et pour être "IN" certains voudront
être du même avis que ces intellectuels et qu'importe le motif le principal est que les gens s' éveillent et connaissent le sort de ses pauvres vies sans voix