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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 17:16
« Oui nous sommes solidaires avec l’oiseau englué »

Par collectif

« Nous pourrons être fiers de ce vote, car il signifiera que, tout en admirant les réalisations parfois extraordinaires de l’intelligence humaine, nous donnons la priorité à la conservation de la nature, c’est-à-dire au monde prodigieux des plantes et des animaux ».

Ainsi s’exprimait le député Roland Boudet dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, lors du vote historique de la première loi française sur la protection de la nature. C’était il y a 40 ans, en avril 1976. À l’époque, les parlementaires eurent le courage d’affirmer qu’il n’était plus raisonnable de clouer les chouettes sur les portes des granges pour conjurer le sort, que les terribles pièges à mâchoires devaient s’effacer des campagnes, que le DDT qui rongeait le vivant devait être banni, que les écureuils ne méritaient plus l’agonie et même que l’animal devait être reconnu au titre d’être sensible.


 

 

 

En revisitant les débats qui ont conduit à la promulgation de cette loi, on constate que l’Assemblée Nationale et le Sénat conjuguèrent un esprit d’éthique, retoquant les conflits de partis. Le sénateur Pierre Croze parla alors de « magnifique esprit de collaboration ».

Aujourd’hui, la nature se présente à nouveau dans l’hémicycle. Elle invite les parlementaires, comme leurs prédécesseurs, à l’accueillir avec compassion. À considérer les fantastiques potentialités qu’elle nous offre dès lors que nous assumons nos devoirs à son égard.

Aujourd’hui, il faut entendre les 320 000 citoyens qui ont signé la pétition visant à suspendre le piégeage de nos oiseaux familiers avec de la glu, tradition d’un autre temps. Oui nous sommes solidaires avec l’oiseau se débattant et tentant de s’arracher les plumes pour se libérer.

Aujourd’hui, nos parlementaires peuvent dire qu’il n’est pas acceptable de détruire des mammifères alors qu’ils donnent la vie et élèvent leurs jeunes. Oui nous compatissons avec les jeunes blaireaux agonisant de faim au fond d’un terrier dévasté par le déterrage des chasseurs.

Aujourd’hui, nos parlementaires peuvent admettre qu’il n’est pas compréhensible que le statut d’être sensible soit reconnu pour l’animal domestique alors qu’il ne pourrait l’être pour l’animal sauvage. Un chat éprouverait la douleur et pas un lynx ? Un canari souffrirait mais pas un chardonneret ?

Aujourd’hui, nos parlementaires peuvent considérer que les DDT d’hier sont les néonicotinoïdes d’aujourd’hui, des pesticides extrêmement nocifs. D’autres amendements tirent les consciences vers le bas. Ne restons pas indifférents. Faire reculer la souffrance animale ne relève ni du dogmatisme, ni de la sensiblerie, mais tout au contraire, d’une éthique élémentaire et progressiste. En ce début de XXIe siècle, nos parlementaires sont confrontés, comme le furent leurs prédécesseurs, à un choix déontologique qui ne s’inscrit ni à droite, ni à gauche, mais seulement au cœur de leur conscience. Nous comptons sur eux pour que cette loi biodiversité ne soit pas dénaturée et s’impose, elle aussi, dans l’histoire.

Les signataires de cette tribune sont Allain Bougrain Dubourg (président de la Ligue pour la protection des oiseaux), Sandrine Bélier (ancienne eurodéputée), Elisabeth de Fontenay (philosophe et essayiste), Aymeric Caron (journaliste), Boris Cyrulnik (psychiatre et psychanalyste), Franz Olivier Giesbert (éditorialiste et écrivain) et Frédéric Lenoir (philosophe et sociologue)


 

 

source :  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/01/oui-nous-sommes-solidaires-avec-l-oiseau-englue_4874595_3232.html

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 11:47
Matthieu Ricard: «défendre les animaux, ce n’est pas dédaigner les hommes»

Les gens font souvent un mauvais procès aux défenseurs des animaux: ils seraient coupables d’insensibilité envers les hommes qui souffrent de par le monde, de faim, de misère, de par les conflits. Mais à y regarder de près, cet argument est complètement dépourvu de logique, affirme Matthieu Ricard, moine bouddhiste et écrivain français, qui offre une belle leçon de bienveillance

 
 

 

 

Défendre les animaux, cela ne veut pas dire dédaigner les hommes

A la suite de la publication du Plaidoyer pour les animaux*, l’un des reproches que j’ai le plus souvent entendu est qu’il est indécent de tourner son attention vers les animaux et de vouloir améliorer leur sort alors que tant de souffrances affligent les hommes en Syrie, en Irak, au Soudan et ailleurs. Le simple fait d’avoir de la considération pour les animaux serait une insulte au genre humain. Asséné avec un élan d’indignation qui a l’air de reposer sur les plus hautes vertus, cet argument peut sembler faire mouche, mais dès qu’on l’examine un peu, on s’aperçoit qu’il est parfaitement dépourvu de logique.

Si le fait de consacrer quelques-unes de nos pensées, de nos paroles et de nos actions à la réduction des souffrances innommables que nous infligeons délibérément aux autres êtres sensibles que sont les animaux constitue une offense aux souffrances humaines, qu’en est-il alors d’écouter France Musique, de faire du sport et d’aller se faire bronzer sur une plage? Ceux qui s’adonnent à ces activités et à bien d’autres deviendraient-ils d’abominables individus du fait qu’ils ne consacrent pas l’intégralité de leur temps à remédier à la famine en Somalie?

Comme le remarque justement Luc Ferry: «J’aimerais bien qu’on m’explique en quoi le fait de torturer viendrait en aide aux humains. Le sort des chrétiens d’Irak est-il amélioré parce qu’on dépèce en Chine des chiens vivants par milliers chaque année avant de les laisser crever pendant des heures, attendu que plus leur douleur est atroce, meilleure est leur chair. Est-ce parce qu’on maltraite ici les canidés qu’on est plus sensible au malheur des Kurdes? […] Chacun d’entre nous peut s’occuper des siens, de sa famille, de son métier et s’engager en plus en politique ou dans la vie associative sans pour autant massacrer des animaux.»

 

 

Si quelqu’un consacrait 100% de son temps au travail humanitaire, on ne pourrait que l’encourager à continuer. Il est d’ailleurs à parier qu’une personne douée d’un tel altruisme serait également bienveillante à l’égard des animaux. La bienveillance n’est pas une denrée que l’on doit distribuer avec parcimonie comme un gâteau au chocolat. C’est une manière d’être, une attitude, l’intention de faire le bien de tous ceux qui entrent dans le champ de notre attention et de remédier à leur souffrance.

En aimant aussi les animaux, on n’aime pas moins les hommes, on les aime en fait mieux, car la bienveillance est alors plus vaste et donc de meilleure qualité. Celui qui n’aime qu’une petite partie des êtres sensibles, voire de l’humanité, fait preuve d’une bienveillance partiale et étriquée.

Pour ceux qui n’œuvrent pas jour et nuit à soulager les misères humaines, quel mal y aurait-il à soulager les souffrances des animaux plutôt que de jouer aux cartes? Le sophisme de l’indécence qui consiste à décréter qu’il est immoral de s’intéresser au sort des animaux alors que des millions d’êtres humains meurent de faim n’est le plus souvent qu’une dérobade facile de la part de ceux qui, bien souvent, ne font pas grand-chose ni pour les premiers ni pour les seconds. A quelqu’un qui ironisait sur l’utilité ultime de ses actions caritatives, Sœur Emmanuelle répliqua: «Et vous, monsieur, qu’est-ce que vous faites pour l’humanité?»

 

Dans mon humble cas, le mauvais argument de l’indécence est d’ailleurs plutôt incongru puisque l’organisation humanitaire que j’ai fondée, Karuna-Shechen, soigne 100 000 patients par an et 25 000 enfants étudient dans les écoles que nous avons construites. Œuvrer pour épargner d’immenses souffrances aux animaux ne diminue pas d’un iota ma détermination à remédier aux misères humaines. La souffrance inutile doit être pourchassée où qu’elle soit, quelle qu’elle soit. Le combat doit être mené sur tous les fronts, et il peut l’être.

Se préoccuper du sort de quelque 1,6 million d’autres espèces qui peuplent la planète n’est ni irréaliste ni indécent car, la plupart du temps, il n’est pas nécessaire de choisir entre le bien-être des humains et celui des animaux. Nous vivons dans un monde essentiellement interdépendant, où le sort de chaque être est intimement lié à celui des autres. Il ne s’agit donc pas de ne s’occuper que des animaux, mais de s’occuper aussi des animaux. En vérité, nous perdrons ou gagnerons tous ensemble, car la surconsommation de viande dans les pays riches à cause de l’élevage industriel entretient la faim dans le monde. Elle constitue aussi la deuxième cause d’émissions de gaz à effet de serre (après les bâtiments et avant les transports) et, cerise sur le gâteau, elle est également nocive pour la santé humaine.

En nous préoccupant du massacre en masse des animaux, nous n’oublions pas le sort des Syriens, nous faisons simplement preuve de bienveillance. * Son dernier livre paru chez Allary Editions.

Matthieu Ricard est moine bouddhiste et écrivainCet article est initialement paru dans «Le Monde» du 16 décembre.

La bienveillance n’est pas une denrée que l’on doit distribuer avec parcimonie comme un gâteau au chocolat

 
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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 10:57

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La lettre de Gérard CHAROLLOIS le dimanche 21 février 2016

TEL 06 76 99 84 65

 

Conviction et responsabilité.

 

 

 

En 1914, Charles PEGUY écrivait que la politique était une dégradation de la mystique. Un siècle plus tard, elle devient une dégradation de la conviction et de l’éthique.

En 2012, les Français crurent élire un président socialiste . Il n’instaura pas le socialisme, n’effectua aucune rupture salutaire et définitive avec une société de dévastation, et, cédant à la religion de l’entreprise privée et de la concurrence, ne sauva rien de la pensée qu’il prétendait assumer.

 

 

La presse mentionne, en ce mois de février, que trois « écologistes » entrent au gouvernement. Or, ces personnes n’ont jamais exprimé la moindre conviction écologiste et n’ont aucune volonté de sauver la nature, de changer le rapport de l’humain à l’animal, fondements éthiques de l’écologie.

 

A droite, des comédiens plus ou moins talentueux se drapent du titre de « républicains », alors que leur obsession est de célébrer le culte de l’entreprise privée et des forces d’argent.

Ainsi, sur l’échiquier politique, de petits personnages illusionnistes portent des masques trompeurs ne dissimulant que de médiocres ambitions et la soumission à des intérêts catégoriels confinant à des dérives mafieuses.

Les modes , le rapport des forces prévalent, chez ces petits personnages, sur des convictions dont ils sont dépourvus.

Ils recherchent pitoyablement les apparences du pouvoir, les titres, les conforts de fonctions que leur pusillanimité leur interdit d’exercer pleinement.

Ils sont vains .

 

 

Aux alentours des années 1960,  la droite au pouvoir, complexée par ses collusions idéologiques et de personnels avec les fascismes durant la guerre, n’assumait pas être de droite, faisait une politique de gauche, c’est-à-dire prônait des réformes qui étaient des avancées pour les droits sociaux, un progrès pour le niveau de vie des salariés, un mieux vivre pour les gens modestes.

En ce temps-là, le communisme, les masses laborieuses et dangereuses faisaient peur aux dirigeants, condamnés à une certaine vertu, pour mieux combattre le système économique ennemi. Le rapport des forces était favorable aux  salariés.

Aujourd’hui, inversement, la gauche fait une politique de droite et le mot réforme est devenu synonyme de flexibilité, de soumission à la loi du profit. Le rapport des forces, du fait de la mondialisation de l’économie s’est modifié en faveur de l’argent qui, ne redoutant plus un contre-modèle, s’adonne avec morgue à l’écrasement des plus faibles et à la dévastation de la nature.

Les milieux d’affaires, les investisseurs imposent leurs exigences à des populations morcelées, sans  la cohésion des anciennes structures sociales, fortes de leur homogénéité, que représentaient  les mineurs, sidérurgistes, cheminots de naguère.

L’heure n’est plus au progrès social et toute annonce de changement va dans le sens de l’intérêt des  entrepreneurs, au détriment des salariés.

 

Ce qui est le plus choquant est l’absence d’honnêteté des politiques qui, libres de leurs choix, ne les assument pas clairement devant les citoyens.

Ils feignent de ne pas avoir opté pour une société féroce, déprédatrice, vouée à l’exploitation frénétique.

 

Ils n’avouent pas que la concurrence débridée emportera tout : Les droits sociaux et les normes de protection de la nature.

La concurrence exige, en effet, que le profit soit l’horizon indépassable, l’ogre qui dévorera les hommes, les animaux, l’espace naturel.

Honte à ces femmes et hommes politiques, semeurs de béton, de grands aéroports, qui dissimulent les conséquences de choix contraires à leurs vertueuses déclarations en faveur du climat, de la biodiversité, de la qualité de la vie, d’un humanisme généreux et éclairé.

 

 En vérité, leurs décisions  sont imposées par un système économique qu’ils servent faute d’oser le combattre.

 Ils  subissent et accompagnent bien Davantage qu’ils ne les souhaitent les avilissements et dévastations générées par le libéralisme économique.

 

Il faut radicalement réformer le fait politique pour restituer à la fonction un regain de dignité.

Les citoyens sont en droit d’attendre que les socialistes soient socialistes, les écologistes écologistes, les agents du Marché syndics du patronat, qu’ainsi l’étiquette corresponde au contenu.

 

Aussi longtemps que les politiques seront des bonimenteurs animés d’ambitions personnelles, ils recueilleront le  mépris, bien mérité, de leurs concitoyens.

Dire qu’il y a encore des niais pour s’imaginer que devenir ministres les honore !

Ce qui honore, c’est de servir une cause dans la clarté, l’honnêteté, l’ardeur d’une conviction.

C’est assumer les responsabilités que l’on prétend être en mesure de soutenir contre le totalitarisme du monde de l’argent, en passe de cancériser la terre par ses infrastructures, sa croissance purement spéculative, sa négation du droit à survivre de la nature.

 

 

Gérard  CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ECOLOGIE  ETHIQUE ET RADICALE

POUR LE RESPECT DES  ÊTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

 

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 11:01

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La lettre de Gérard CHAROLLOIS Le dimanche 14 février 2016

TEL 06 76 99 84 65

 

 

Antispécisme et biocentrisme.

 

 

Les médiocres carriéristes polluant les partis politiques ont détérioré l’éthique écologiste en la dévoyant, en niant ses fondements.

Or, l’écologie n’est pas une peur de la science, un refus du vrai progrès, une contestation puérile d’une société.

L’écologie est une déclaration d’amour à la nature, au vivant, aux êtres sensibles, à la biodiversité.

Avoir peur de la science et du progrès reviendrait à avoir peur du feu, de l’électricité, du marteau, de la brouette, de l’aspirine.

Une connaissance, un savoir, une technique peuvent être excellents, s’ils font reculer la souffrance et la mort ou détestables s’ils servent la destruction, le profit, la servitude.

Avec le feu, on chauffe la maison ou on érige un bûcher.

Avec un outil, on construit une œuvre opportune ou on tue.

Avec la génétique, on guérira des maladies ou on permettra à des firmes cupides de disséminer des poisons.

La science qui éclaire peut être la meilleure des choses, si l’homme use de sa maîtrise pour célébrer le vivant ou la pire s’il cède à ses pulsions thanatophiles.

Dès lors, les contempteurs de l’écologie la confinent intentionnellement, pour  anéantir sa dimension novatrice, dans un irrationnel enfantin et irresponsable, alors qu’elle est autre chose.

Le socle éthique tient à ceci :

L’humanité doit cesser de détruire la nature, de maltraiter l’animal, de vénérer des valeurs au-dessus de la valeur première de la vie.

En cela, je distingue une mauvaise « croissance quantitative », chère aux spéculateurs, aux exploiteurs et une croissance qualitative désirable parce que luttant contre la maladie et la mort.

Penser notre rapport aux vivants représente le grand défi philosophique et politique de notre temps.

Pendant longtemps, nos ancêtres n’éprouvaient de solidarité,

 qu’à l’égard des membres de leurs clans, de leurs tribus, de leurs cités, puis de leurs nations.

Ils doutaient que les étrangers, éloignés par la géographie, les coutumes et la couleur, soient des humains à part entière.

Le racisme était naturel, spontané, évident.

Il fallut bien des controverses pour surmonter ce réflexe de défiance et de rejet d’autrui.

D’ailleurs, j’observe que, même à notre époque, les contemporains ne sont guère à l’aise avec le racisme.

Nombre de prétendus anti-racistes qui ne se définissent que par  cette injonction perdurent à obéir aux anciens réflexes.

 

Ils agissent selon une vulgate que je récuse et que je résumerai par cette synthèse :

« Certes, vous êtes abrutis par vos religions, vos coutumes contraires aux droits humains, vos meours de négation de l’égalité de la femme et de l’émancipation individuelle, mais vous avez raison de l’être, car nous sommes tellement coupables que nous ne saurions promouvoir, auprès de vous, la liberté, la raison, l’égalité des droits. Abrutis vous êtes et devez demeurer, car assumer nos valeurs émancipatrices serait irrespectueux de votre aliénation par des dogmes ».

Voilà ce que couvrent le communautarisme, le multiculturalisme, chers à certains prétendus antiracistes qui, en fait, par  souci de s’autoflageller, sont racistes, puisqu’ils condamnent àl’obscurantisme ceux qu’ils prétendent adorer.

Pour ma part, je pense, à l’opposé de ce raisonnement d’une certaine bien-pensance, que des valeurs, des droits, sont universels et que tout humain peut accéder à la raison, à la libération de ses appartenances tribales, de ses superstitions.

Il n’y a pas les Droits de l’Homme, pour les Occidentaux et l’enfermement des femmes, la persécutions des homosexuels, l’excision des fillettes, les lapidations, amputations, décapitations, fouets pour les blasphémateurs, pour les autres.

Je ne confonds pas, dans la même réprobation, les fautes et erreurs de démocraties que je fustige, par ailleurs pour leur caractère ploutocratique et les crimes insondables d’une horde de barbares qui enlèvent deux cents jeunes filles pour les violer et les réduire en esclavage.

Ëtre antiraciste, c’est affirmer que ce qui est bon, pour les uns, l’est  pour tous.

C’est élargir le cercle de l’empathie à l’humanité entière.

 

 

Et si l’on élargissait encore ce cercle de bienveillance, de compassion aux autres êtres vivants ?

Voilà ce qui fonde l’écologie dans l’acception que je donne à cette pensée, bien loin d’un repli frileux sur un âge d’or qui n’a jamais existé.

L’antispécisme est une extension au vivant de ce qu’est l’antiracisme pour une espèce.

Je lui préfère, toutefois, en bonne rigueur d’analyse, le terme de biocentrisme.

En effet, au sein d’une espèce, telle l’espèce humaine, on peut penser que les intérêts fondamentaux ne divergent pas avec des différences morphologiques.

En revanche, les besoins biologiques, physiologiques, éthologiques diffèrent selon les espèces.

Il ne peut donc pas y avoir identité de traitements entre toutes les espèces peuplant la terre.

Chaque espèce doit bénéficier de ce qu’exige la nature.

Le biocentrisme ne nie pas les acquis de l’humanisme et des droits de l’homme, mais représente une avancée dans la conscience de la valeur de la diversité du vivant.

Il pose en interdit d’anéantir une espèce et de maltraiter un être sensible qui, doté d’un système nerveux, éprouvant le principe du plaisir déplaisir, possède, de ce seul fait, un droit à jouir de la vie qui lui a été conférée.

 

Or, par la folie économiste, l’humanité provoque la disparition des espèces.

Dans le même temps, elle réifie les animaux massacrés en foules innombrables pour satisfaire le profit et les filières.

D’un point de vue éthique, ces massacres d’espèces et d’individus heurtent la conscience et signent l’échec d’une société fondée sur la cupidité et la pulsion de mort.

En politique, concrètement, le biocentrisme aboutit à abolir la chasse, mort loisir, à renoncer aux « grands projets inutiles », dévoreurs d’espaces.

 

 

Si nos écologistes politiques avaient pensé ces questions, relevé ces défis, condamné les agressions contre l’animal et la biodiversité, ils ne seraient pas, aujourd’hui, dans la honte et l’ornière.

Allons, SISYPHE, reprends ton rocher et, cette fois, suis le bon chemin celui qui mène vers les sommets !

 

 

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE

POURLE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 10:28

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la lettre de Gérard CHAROLLOIS le dimanche 7 février 2016

TEL 06 76 99 84 65

 Une force pour le vivant : Rendez-vous à PARIS le 8 octobre prochain.

 

 

Le sacrifice systématique des intérêts écologiques à ceux de l’argent, la complaisance à l’égard des chasseurs, l’encouragement  de l’actuelle ministre de l’écologie aux braconniers d’oies cendrées jusqu’au 9 février au mépris de l’état de droit, les autorisations réitérées de tirs de loups, bien que les effectifs de l’espèce soient en régression en France cette année, le culte des firmes, de la spéculation, du profit, la différence de traitements par la puissance publique des manifestants selon qu’ils soient ou non exploitants agricoles, tous ces faits contre nature et contre l’humanité de l’homme appellent une riposte éthique et politique.

Les enquêtes d’opinion peuvent bien révéler qu’une immense majorité de Français condamne la chasse, la torture tauromachique, des milliers de manifestants poursuivant d’autres buts que leurs petits intérêts égoïstes peuvent bien se rassembler à LYON pour défendre les loups, les scientifiques peuvent bien remettre d’inquiétants rapports sur la mort de la biodiversité, les gouvernants demeurent les pantins grotesques et irresponsables de groupes de pressions malfaisants.

Il faut en finir avec cette casse de la nature, cette indifférence à la souffrance des animaux, sortir de cet avilissement de l’humain par la culture de la compétition, de la concurrence, c’est-à-dire de l’écrasement d’autrui et de l’exploitation insatiable des êtres et des choses.

 

L’action purement associative, tellement précieuse, généreuse, intelligente, touche ici à ses limites résultant d’un fait incontournable.

 

 

La classe politique ne connaît que le rapport de forces et nous devons cesser de tendre la sébile pour obtenir des rendez-vous à la sauvette avec des membres de cabinets, cependant que les lobbies nuisibles sont reçus, avec déférence, par le chef de l’Etat et ses ministres qui font la danse du ventre devant les ennemis de la terre.

Ce n’est point par je ne sais quelle ambition personnelle de carrière (dont je n’ai aucun besoin) que j’ai résolu de porter, en politique, les idées, les aspirations, l’éthique du respect du vivant et de l’amour de la nature que je défends depuis près de quarante ans, dans un cadre associatif.

Je le fais en considération de la soumission des élus aux franges les plus archaïques de la société.

 

J’irai, jusqu’au bout, dans cette action, conscient de devoir servir une cause.

Dès lors, si, dans les mois à venir, s’organisent des « primaires de l’écologie », j’en serai.

En l’absence de primaire, ce qui paraît probable, nous tenterons d’obtenir les cinq cents signatures d’élus permettant une candidature  à la présidentielle de mai 2017 pour que l’écologie biocentriste parle, mobilise, pèse sur les faits.

 

L’objectif est de prouver que ceux qui aiment la vie sont plus nombreux, plus puissants,plus déterminés que ceux qui propagent la mort et la destruction.

Avec vous, nous pouvons administrer cette preuve et inverser le rapport des forces, en ce pays, actuellement courbé sous le joug des ennemis de la terre.

 

 

 

Aller jusqu’au bout ?

Oui, toutefois, s’il advenait que Nicolas HULOT qui a explicitement indiqué ne pas concourir à une éventuelle « primaire », optait pour candidater individuellement, considérant qu’il est « l’écologiste le plus populaire de France », je participerais à son combat, sans rien renier de notre spécificité, pour que conviction et efficacité s’allient.

 Toujours, l’unité simpose.

Avec tous ?

Non, pas avec ces faux écologistes qui refusent de signer les propositions de lois d’abolition de la chasse à courre et qui soutiennent les piégeurs de passereaux aux gluaux, en PROVENCE.

Il y a ici incompatibilité éthique fondamentale.

 

En juin 2011, lors de la précédente primaire de l’écologie, j’annonçais, dans ces éditoriaux,, un an à l’avance, que Nicolas HULOT  obtiendrait 7% des voix à la présidentielle de mai suivant, s’il était retenu, alors que Eva JOLY, sa concurrente, nonobstant ses éminentes qualités personnelles et sa compétence remarquable dans la lutte contre l’argent sale, ne recueillerait que 2% des voix à l’élection présidentielle.

 

Et cela change tout.

Si l’écologie est forte, nous pouvons stopper les grands projets dévastateurs, faire reculer la barbarie de la chasse, sauver effectivement la biodiversité.

Lorsque l’écologie est faible, les mouvements citoyens, les associations ne pèsent pas lourd.

Présentement, l’écologie politique est évanescente.

Nicolas HULOT, en refusant, ces jours-ci, le ministère de l’essentiel, prouve qu’il partage, avec nous, le souci de servir une cause et non d’orner une carte de visite.

D’autres, écologistes un jour, opportunistes toujours, rêvent de devenir ministre, non pas pour améliorer le rapport des hommes à la nature et au vivant, mais parce qu’ils imaginent que le titre les honorera, superbe et touchante naïveté.

En conséquence, avec tous ceux qui souhaitent faire gagner nos idées, je serai au rendez-vous du pays, soit en qualité de candidat, soit en soutien de Nicolas HULOT, s’il s’engage.

 

 

Nous devons, ensemble, quelle que soit l’option, reconstruire, dans le champ politique, une force qui va.

 

Aussi, j’appelle, tous les écologistes politiques, par-delà les partis et les parcours, tous les défenseurs des animaux, tous les protecteurs de la nature à s’unir, par-delà les étiquettes d’hier, les querelles d’égos pour le triomphe de l’intérêts supérieur du vivant, incluant, bien évidemment, l’humain, aux côtés de la diversité des espèces et des individus animaux, êtres sensibles.

Le samedi 8 octobre prochain, nous réunirons à PARIS, avec tous ceux qui veulent en être et en n’excluant personne, les assises de cette force au service du vivant.

 

Immédiatement, nous devons mettre en place les bonnes volontés pour contacter les élus et solliciter leurs parrainages.

Je ne vous dissimule pas que ce recueil des signatures sera l’obstacle à surmonter, mais, grâce  à votre mobilisation, nous pouvons y parvenir.

Le vivant a besoin de nous.

 

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

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POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 11:26

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La lettre de Gérard CHAROLLOIS          le dimanche 31 janvier 2016

TEL 06 76 99 84 65

 

 

 

 

            Les « notables » de l’écologie et nous.

 

 

 

 

Les notables de l’écologie, médiatiques, invités des plateaux de télévision et des studios de radios, dissertent volontiers sur les grands maux de la planète, l’impérieuse nécessité de combattre l’effet de serre, l’urgence d’une mutation énergétique, les avancées ou les insuffisances des accords internationaux.

Mais, écoutez-les attentivement.

Vous n’entendrez aucun propos concret susceptible de déranger les lobbies, aucune suggestion de nature à gêner les gouvernants qui, en retour, gratifient les « notables de l’écologie » de délégations de missions, de reconnaissances officielles, ouvrant les bouches d’or des médias.

Chasse à courre, tirs de loups, gluaux de Provence, lecques de l’AVEYRON, persécutions des renards, élevages concentrationnaires et même aéroport de NOTRE DAME DES LANDES, surpopulation et méfaits du natalisme, grands travaux autoroutiers sont des sujets tabous, parce que sources de controverses.

 

C’est que tout « notable de l’écologie » doit  demeurer généreusement flou, parler des pôles et de la mer, du climat et de l’opportunité de fermer le robinet en se brossant les dents, en veillant à ne fâcher personne.

« quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » et ce loup n’est point celui que traquent les arriérés.

Les « notables de l’écologie »  communiquent avec efficacité, dépeignent brillamment les menaces planétaires, mais demeurent anthropocentristes.

            Les « notables » de l’écologie et nous.

Les notables de l’écologie, médiatiques, invités des plateaux de télévision et des studios de radios, dissertent volontiers sur les grands maux de la planète, l’impérieuse nécessité de combattre l’effet de serre, l’urgence d’une mutation énergétique, les avancées ou les insuffisances des accords internationaux.

Mais, écoutez-les attentivement.

Vous n’entendrez aucun propos concret susceptible de déranger les lobbies, aucune suggestion de nature à gêner les gouvernants qui, en retour, gratifient les « notables de l’écologie » de délégations de missions, de reconnaissances officielles, ouvrant les bouches d’or des médias.

Chasse à courre, tirs de loups, gluaux de Provence, lecques de l’AVEYRON, persécutions des renards, élevages concentrationnaires et même aéroport de NOTRE DAME DES LANDES, surpopulation et méfaits du natalisme, grands travaux autoroutiers sont des sujets tabous, parce que sources de controverses.

 

C’est que tout « notable de l’écologie » doit  demeurer généreusement flou, parler des pôles et de la mer, du climat et de l’opportunité de fermer le robinet en se brossant les dents, en veillant à ne fâcher personne.

« quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » et ce loup n’est point celui que traquent les arriérés.

Les « notables de l’écologie »  communiquent avec efficacité, dépeignent brillamment les menaces planétaires, mais demeurent anthropocentristes.

 

 

Observez-les attentivement.

 

Vous ne les verrez pas à LYON, le 16 janvier, pour défendre le loup, devant les arènes sanglantes pour dénoncer la torture tauromachique, dans le MEDOC, aux côtés de mon ami Allain BOUGRAIN DUBOURG, contre les braconniers de la tourterelle de mai et dans les LANDES, contre les piégeurs de petits oiseaux.

Les « notables de l’écologie » ne prennent aucun risque de déplaire, cette prise de risque  qui discrimine l’opportuniste et le résistant.

 

Si je déplore ce défaut de pugnacité, cet oubli de la nature, des animaux, je n’en salue pas moins le travail pédagogique de ces notables de l’écologie, choyés par les pouvoirs, auxquels ils servent de caution, et par les médias.

Mon propos ne se veut pas critique, mais tend à distinguer sans opposer.

Il m’est indifférent d’encourir les invectives des destructeurs de la nature et j’entends affirmer une libre parole face aux gouvernants d’hier et d’aujourd’hui.

 

Pour ne pas obéir à cette prudente pusillanimité, nous voici interdits de diffusion dans les médias, étiquetés « extrémistes », censurés, empêchés d’exposer nos valeurs et nos propositions qui allant à la racine de l’écologie,  n’ont rien d’extrémiste.

Pour nous, celui qui ne récuse pas la chasse et la tauromachie n’est pas écologiste, dans l’acception que nous donnons à cette pensée, d’autres étant, évidemment, fondés à demeurer anthropocentristes.

 

 

Il n’est pas des nôtres, celui qui ne respecte pas le vivant, et si nous reconnaissons à chacun la liberté de défendre des valeurs et des propositions contraires, nous ne voulons aucun amalgame avec ceux qui célèbrent la pulsion de mort.

L’actuel pouvoir politique se révèle totalement hermétique à l’écologie.

La droite, en embuscade, qui rêve de retrouver un pouvoir qu’elle considère comme lui appartenant par nature, représente les intérêts des chasseurs, des exploitants agricoles, des firmes polluantes et déprédatrices.

Dès lors, nous sommes étrangers, à la fois, au « centrisme » au pouvoir, aujourd’hui, et à la droite, en mal de sévir l’an prochain, comme elle le fit pendant trop d’années.

 

 

 

 

D’aucuns préconisent une « primaire de la gauche ».

Encore faudrait-il définir ce qu’est la gauche, après 1983 et le  tournant de la rigueur, c’est-à-dire le ralliement du parti dit socialiste à la société de Marché.

Si les deux droites sont bien typées, l’une nationaliste, populaire, autoritaire, l’autre mercantile, affairiste, mondialiste, libérale en économie, la gauche gagnerait à faire son agiornamento.

 

Le parti de messieurs HOLLANDE ET VALLS est centriste et non de gauche.

Ce parti est anti-écologiste.

Je ne conçois donc pas une « primaire » avec les pseudo-socialistes, tueurs de loups et serviteurs de la firme VINCI, reine des parkings, des autoroutes et candidate au grand aéroport Nantais.

 

Participer à la « primaire de la gauche », par ailleurs refusée par le leader du parti de gauche, reviendrait à cautionner, par fusion, les dirigeants actuels.

Leur politique contre la nature ne leur mérite guère ce soutien.

 

L’écologie doit s’émanciper et redevenir une force au service du vivant.

Or, l’écologie politique est à terre.

Divisée en groupuscules de plus en plus faibles, représentée dans les médias par des élus qui ne parlent plus du vivant, silencieuse sur les exactions des lobbies, elle agonise.

 

Le temps de la reconquête est venu.

Tous ceux qui, nombreux  chez les VERTS, dans  les autres partis écologistes, dans les innombrables associations veulent autre chose que ce naufrage, doivent se rassembler, s’unir sur des bases éthiques claires, bases humanistes mais non anthropocentristes, car réconciliant l’arbre, l’animal et l’homme.

Refuser les nicotinoïdes, arrêter les massacres de la faune, condamner les grands projets inutiles et dévastateurs pour la biodiversité, cesser de financer les « filières » mais affecter l’argent public à l’aide aux ménages pour rénover les logements, exiger de tout partenaire politique désireux d’établir avec nous un contrat de législature, des avancées concrètes sur ces points, telle est l’assise d’une écologie renaissante.

J’appelle à ce sursaut pour faire entendre la voix de la nature, pour sortir des nuées, des déclamations fades.

Je veux une écologie concrète, s’assignant des objectifs précis et réitère, par exemple, que l’abolition de la chasse à courre, de la corrida sont des préalables non négociables.

 J’attends encore que nos amis, « notables de L’écologie », l’assument et nous rejoignent dans nos combats.

 

 

 

  Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE

POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 10:57

Attention, vous allez lire une réponse adressée au professeur Jean-Marie Bourre, désigné comme un « expert » en nutrition par le journal le Figaro, qui vient de plomber – ou plutôt atomiser – les menus végétariens à la cantine.

Dans cette tribune publiée dans la catégorie Santé du Figaro, le professeur démonte virulemment les menus végétariens (et végétaliens) qui pourraient être servis dans les cantines françaises.

Selon l’expert en « neuro-toxicologie » et en « neuro-pharmaco-nutrition », l’adoption de menus alternatifs sans viande seraient dangereux pour la santé des enfants, mais également pour celle des adultes. Rien que ça !

Le pamphlet de 875 mots du professeur aura très rapidement fait réagir des personnalités du web mais aussi l’Association Végétarienne de France, qui commente sans surprise la tribune :

Quand Le Figaro invite Jean-Marie Bourre, représentant bien connu des charcutiers, à donner son avis sur le menu végétarien, que croyez-vous qu’il répond ?

Mlle Pigut, une célèbre blogeuse de la sphère végétalienne emboîte le pas d’un ton légèrement ironique et sarcastique…

Le bonheur du matin, Jean-Marie Bourre sur la dangerosité du végétarisme (rire jaune).

Je vous épargne les commentaires outrés/scandalisés et plus ou moins argumentés contre cette tribune complètement à charge contre le végétarisme et le végétalisme.

Quand on lit cette tribune, on ne peut que se révolter face à la faiblesse des arguments avancés, aux raccourcis douteux et face à la propagande déraisonnée, à peine voilée, des produits animaux.

Mais alors comment est-ce possible que quatre repas végétariens sur les 21 qui composent une semaine puissent créer des profonds déséquilibres alimentaires chez les enfants ? C’est bien ce que souhaite nous faire croire le professeur, en utilisant des pirouettes sémantiques et nutritionnelles.

Attention décryptage.

L’affligeante argumentation du professeur

Selon M. Bourre, les principes de l’alimentation végétarienne et végétalienne ne reposent pas sur la nutrition. Aussi étrange que cela puisse paraître, ces deux diètes qui font donc FORCEMENT référence à la nutrition ne se baseraient que sur des considérations, et je cite, philosophique, sociologique, écologique, avec des possibles répercussions négatives sur l’économie.

Balayer du revers de la main ces deux diètes largement connues en invoquant la sacro-sainte économie n’est rien autre que de la mauvaise foi. Balayer les composantes nutritionnelles majeures de ces diètes démontre tout simplement une méconnaissance dramatique et dangereuse du sujet.

Pire encore, M. Bourre fait un dangereux amalgame au début de sa tribune en supposant implicitement que les menus végétarien proposés dans les cantines seraient une alternative pour la viande de porc. Voilà des considérations religieuses à peine voilée qui ne devraient même pas intervenir dans ce débat.

Autre perle émanant du professeur, les végétariens et les végétaliens pourraient être en meilleur santé s’ils consommaient des végétaux génétiquement modifiés (OGM) améliorés sur le plan nutritionnel. M. Bourre n’hésite donc pas à utiliser frauduleusement l’image négative qui plane sur les OGM pour déprécier le végétarisme et le végétalisme. C’est quand même fort de roquefort…

D’un point de vue nutritionnel, Jean-Marie Bourre avance que les produits animaux sont irremplaçables, et avancent un certain nombre de faits pour justifier la consommation :

  • de produits laitiers, avec l’indispensable calcium contenu dans le lait, le yaourt et le fromage;
  • de produits de la mer, avec l’importante vitamine D;
  • de produits animaux et tripiers de manière générale pour soutenir les apports en vitamine B12, en acides gras ou bien encore en fer.

Pour être clair, j’ai publié très récemment un article critique sur la place des produits animaux dans notre alimentation, et je concluais qu’ils étaient très souvent associés à une bonne santé, dès lors qu’ils intègrent une alimentation riche en végétaux, en fruits, en produits complets, et que ces produits animaux restent en quantité limitée et de bonne qualité.

Les bienfaits du végétarisme et du végétalisme

Toutefois, et contrairement à tout ce que peut dire M. Bourre, une alimentation végétarienne (ou végétalienne) bien menée représente une alternative sûre pour maintenir un bon état de santé, lutter contre de nombreuses maladies métaboliques et certains cancers.

Il y a pléthore d’études scientifiques, de rapports et de communiqués qui indiquent avec confiance que la diète végétarienne est excellente pour la santé.

Par exemple, une récente synthèse scientifique réalisée par des chercheurs de Pologne indique que cette diète est efficace pour lutter contre l’obésité, les maladies cardiovasculaires, les arrêts cardiaques, l’hypertension artérielle, les risques de diabète ou bien encore contre l’artériosclérose [1].

Plusieurs nouvelles synthèses publiées récemment indiquent elles aussi que le régime végétarien est associé avec des risques réduits de nombreuses maladies civilisations [2] [3]. Attention toutefois, les auteurs mettent également en garde des effets potentiellement négatifs, notamment sur les risques de carence en vitamine B12 et en fer pour les femmes.

Cette position positive et favorable au végétarisme est d’ailleurs largement soutenue par l’Ecole de Santé Publique de Harvard, l’une des institutions publiques les plus sérieuses sur la nutrition et la santé, qui propose une série de recettes végétariennes à intégrer dans une alimentation équilibrée.

Une diète également soutenue par l’Association Américaine de Diététique, qui regroupe des milliers de praticiens, et qui indique dans une publication de 2009 l’ensemble des bienfaits et des contraintes du végétarisme. Selon l’association, « des menus végétariens ou végétaliens bien menés sont appropriés à tous les stades de la vie, comprenant la grossesse, la lactation, l’enfance et l’adolescence [4]. »

Cette position a été soutenue par une récente synthèse de la littérature scientifique, et publiée dans un journal de bonne qualité. Cette étude indique que les végétaliennes ne font pas courir de risque majeur pour la santé du bébé pendant la grossesse [5]. Les auteurs mettent cependant en garde contre les carences en vitamine B12 et en fer, déjà pointées du doigt plus haut dans ce billet.

En bref, il apparait aujourd’hui inconcevable de tenir ce genre de propos dans un journal avec une audience grand public. Il est inconcevable de pointer du doigt les dangers du végétarisme à la cantine alors que la majorité des preuves scientifiques s’accordent sur les bienfaits de cette diète. Il est finalement inconcevable de dénigrer le végétarisme (avec le végétalisme) appliqué aux cantines scolaires alors que cette mesure ne concernerait que quatre repas sur 21 au cours d’une semaine.

Cela est d’autant plus scandaleux que les menus proposés dans les cantines manquent généralement dramatiquement de légumes et de fruits, et proposent des fritures, des viandes transformées, du pain blanc et des crèmes desserts en excès selon plusieurs enquêtes indépendantes.

Le sacro-saint calcium des produits laitiers

J’aimerais réagir en détail sur un point en particulier, sur l’argumentation de M. Bourre pour justifier la consommation de produits laitiers. Selon le professeur, et c’est un argument classique, il serait impossible de « satisfaire nos besoins réels en calcium et d’apporter plus de 50 % des quantités recommandées ».

Il est étonnant que le professeur aux multiples casquettes ignore le fait que les recommandations en produits laitiers, afin de satisfaire nos besoins en calcium, sont largement surévaluées. L’Organisation Mondiale de la Santé indique elle-même un « paradoxe du calcium » où les pays qui en consomment le plus possèdent une mauvaise santé osseuse.

  • L’allégation du professeur ne tient pas compte de la biodisponibilité du calcium des végétaux et de certaines eaux minérales supérieure à celle des produits animaux.
  • L’allégation du professeur ne tient également pas compte des besoins en calcium qui diminuent dès lors que l’on consomme moins de viande, moins de sel et que l’on améliore son hygiène de vie (sport, tabagisme, alcool, etc.).
  • Finalement, l’allégation du professeur ne tient pas compte du dernier programme de l’OMS qui permet de connaître votre risque de fracture et qui ne prend pas en considération la part des produits laitiers.

Mais pourquoi M. Bourre se place-t-il à ce point-là à l’opposé du consensus scientifique ? Pourquoi M. Bourre déteste-t-il le végétarisme et le végétalisme ?

Beaucoup de bêtises et de conflits d’intérêts

En réalité M. Bourre est bien connu du grand public et des professionnels de la santé ou de l’agroalimentaire puisqu’il cumule plusieurs bourdes télévisées, en parlant notamment d’Hitler et du végétarisme (oui oui, on parle bien du vrai point Godwin).

M. Bourre cumule également les liens d’intérêts avec l’industrie agroalimentaire. L’enquête de Thierry Souccar et d’Isabelle Robard démontrait les liens entre le professionnel et l’industrie de la charcuterie, de l’huître, de l’œuf, du pain et même du pruneau.

Plus grave encore, Lanutrition.fr publiait les avis de deux spécialistes de la santé cardiovasculaire qui indiquaient les dangers de suivre les recommandations du professeur Bourre.

Pour conclure, même si cette tribune peut paraître intéressante de prime abord et aborder certains aspects importants sur la nutrition, elle est avant tout un concentrée de désinformation et de méconnaissance des avancées scientifiques sur ce sujet.

M. Bourre tente de démontrer l’intérêt majeur des protéines animales et la faiblesse de l’association des protéines végétales alors que l’Anses, notre autorité scientifique sur l’alimentation et la santé, indique, et je cite, que « les régimes végétariens […] permettent d’assurer un apport protéique en quantité et en qualité satisfaisantes pour l’enfant et l’adulte. »

Les tribunes partisanes, écrites par des professionnels dont le libre-arbitre peut décemment être remis en question, doivent être intensément combattues. La réalité scientifique doit primer sur les intérêts financiers et les considérations subjectives.

- Source : http://www.dur-a-avaler.com/infliger-a-nos-enfants-la-dictature-de-la-viande-et-la-betise-expert-sont-dangereux/

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 11:55

www.ecologie-radicale.org

La lettre de Gérard CHAROLLOIS le dimanche 24 janvier 2016

TEL 06 76 99 84 65

 

 

 Rassemblons pour le vivant.

 

 

L’évolution en profondeur des mentalités sous l’influence du progrès des connaissances biologiques, paléontologiques, éthologiques, amena les lobbies de la mort à réagir pour freiner la remise en cause de leurs destructions et exactions contre le vivant.

La classe politique Française perçoit la société comme étant ruraliste.

Chasseurs et exploitants agricoles représentent des féodalités vénérées par les élus, au-dessus de tous les autres citoyens.

 

Ces catégories  sociales bénéficient d’une quasi-impunité, lors de manifesstations corporatistes où voie publique et parfois immeubles de la république sont dégradés.

 

En avril 1989, des fédérations départementales des chasseurs, dotées d’immenses ressources financières et de structures corporatistes héritées du gouvernement de VICHY, omnipotentes sur la classe politique mais inquiètes devant le rejet du loisir chasse par une fraction croissante de l’opinion, fondèrent un parti politique, le CPNT qui présenta des candidats aux élections européennes, législatives et régionales, la moitié des candidats étant des présidents de fédérations de chasseurs.

 

Il pouvait paraître ridicule de promouvoir un parti politique pour la défense de la  chasse.

Pour masquer le grotesque du projet, les leaders de ce parti, ajoutèrent la ruralité, la tauromachie, le gavage des oies et diverses traditions cruelles et archaïques à leur programme poujadiste pour cours de fermes.

En 1999, le CPNT obtint six élus au parlement européen, sans que cela ait le moindre effet sur la politique de ce parlement.

 Les élus Européens opinèrent, le plus souvent, à l’inverse du parlement Français, en faveur des oiseaux migrateurs, de la nature et des animaux.

Mais, la victoire du CPNT, entreprise improbable et dénuée de sérieux, réside dans sa capacité de nuisance, par pression électorale sur les autres partis politiques.

L’UMP absorba partiellement le CPNT qui en devint un appendice ruraliste et ultra-réactionnaire.

 

Or, le nombre des défenseurs du vivant est bien supérieur à celui des tueurs et tortionnaires d’animaux.

Il ne s’agit point d’une affirmation subjective, mais de la simple contemplation des sondages et enquêtes d’opinion.

Infiniment plus nombreux, ceux qui aiment la vie et la nature ne comptent pas, dans un pays totalement soumis aux injonctions de l’axe CPNT FNSEA.

Les vieux partis usés, surtout à droite, mais également dans la pseudo-gauche, obéissent aux ordres des lobbies agro-cynégétiques et tremblent devant l’agitation de quelques arriérés tueurs de loups, d’ortolans, poseurs de gluaux.

 

Ce constat fait, il convient de remédier à une situation parfaitement contraire à l’intérêt général, à la démocratie, aux avancées de la conscience.

Comment ?

Tout simplement, en constituant un antidote politique à l’axe CPNT FNSEA.

Certes, s’il est débile de voter pour son fusil de chasse, il serait tout aussi réducteur de voter contre les fusillots et ce d’autant que le nombre des chasseurs se réduit inexorablement avec le temps.

Nous ne saurions nous abaisser à ce degré zéro de l’intelligence et de la responsabilité.

 

Le loisir chasse qui suscita le parti des présidents de fédérations de chasseurs en 1989, est trop méprisable pour justifier, à lui seul, la création d’un parti politique, contre-point du CPNT.

 

Il convient de prendre de l’altitude, d’élever le débat, de réconcilier éthique et politique, d’offrir une perspective globale, dans un monde anxiogène parce qu’en mutation.

Travaillons à l’émergence d’une société fondée sur autre chose que la violence, l’agression, la concurrence, l’exploitation des êtres, l’obscurantisme religieux, les identités meurtrières.

Le système actuel dont les limites sont dépassées, s’avère toxique.

Nous appelons « système » les forces qui animent et contrôlent la société, avec en couronnement, l’argent.

 

 

 

Le progrès des techniques appelle un nouveau rapport au travail, aux ressources, aux éléments organiques et anorganiques de la planète.

L’ère de la croissance va s’arrêter.

Le travail va inéluctablement se raréfier sous l’effet de la dématérialisation de vastes pans de l’économie.

Sans un changement radical, les crises écologiques, sociales et morales vont emporter l’humanité.

Aucun parti politique ne pense ces défis et la classe politique ne s’agite que dans la perspectives des prochaines élections.

 

Nombre d’écologistes n’échappent pas, malheureusement, à cette déchéance morale. Il y en a quelques-uns qui tendent la sébile pour avoir la honte de devenir ministres dans un futur gouvernement VALLS !

Ces petits personnages, occupés de leurs carrières et oublieux de toute conviction, ne servent pas une cause mais instrumentalisent une étiquette partisane usurpée.

 

Mettons la protection du vivant à l’ordre du jour.

 

Je me propose de le faire, avec tous ceux qui  aspirent à une société plus douce pour l’arbre, l’animal et l’homme.

A cette fin, dans un souci d’unité, je propose une primaire de l’écologie, ouverte à tous les militants politiques et associatifs, à tous les sympathisants de la grande cause du vivant.

L’organisation institutionnelle oblige d’en passer, pour défendre une éthique, par  l’émergence d’un candidat porteur de valeurs déterminées.

On doit déplorer l’excès de personnalisation du régime démocratique actuel de la France, mais il faut, pour changer les choses, satisfaire aux règles de droit constitutionnel.

L’élection présidentielle permet aux citoyens d’exprimer leurs choix.

Ne laissons pas sans représentant l’immense majorité et le monopole aux candidats qui font la danse du ventre devant les destructeurs de la nature.

 

A défaut d’une primaire de l’écologie, appelant à un sursaut, à un rassemblement de tous les amoureux de la vie et de la nature, construisons un renouveau de l’écologie politique sur des bases claires, loyalement exposées, pour en finir avec les ambiguïtés éthiques et combattre résolument les forces thanatophiles.

 

 

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE

POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

 

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 10:20

LE PLUS. À Rennes, un essai thérapeutique a viré au drame. Six hommes ont été hospitalisés, dont l'un en état de mort cérébrale, après avoir testé un médicament psychotrope. Comment est-ce possible ? Faut-il remettre en cause les essais cliniques ? Et que dire de l'expérimentation animale ? Réponse d'Audrey Jougla, auteur de "Profession : animal de laboratoire" (Autrement).

Édité et parrainé par Louise Auvitu

Essai thérapeutique à Rennes : hommes ou animaux, il faut protéger davantage les "cobayes".

Une personne en état de mort cérébrale, cinq autres hospitalisées, dont quatre avec des troubles neurologiques : voilà le bilan dramatique pour ces hommes sains de 25 à 49 ans et victimes des effets secondaires imprévus de la molécule Bia 10-2474 testée sur des humains par la firme Biotrial à Rennes.

 

"Il n’y a jamais eu un événement aussi grave en France" concernant des essais cliniques, a déclaré l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

 

Alors que deux enquêtes sont ouvertes pour déterminer comment l’essai thérapeutique a été mené et quelles sont les causes de ces effets imprévus, se pose aussi la question de l’expérimentation animale, la grande absente des médias pour l’heure.

 

Peu de ratés, mais ils existent

 

L’histoire médicale n’a de cesse de mettre en avant les découvertes médicales liées à l’expérimentation animale. Ce qu’elle dit moins, ce sont ses ratés.

 

Les victimes des effets secondaires de médicaments, tous testés avec succès sur les animaux, car il s’agit d’une obligation légale pour leur commercialisation, sont les seules à en faire les frais. Les victimes n’ont, en dehors des procès intentés contre les laboratoires, que très peu de possibilités pour rendre ce débat public.

 

Ce n’est que lors de scandales récents aussi graves que celui de l’hexamethonium, en 2001 aux États-Unis à l’Université John Hopkins, qui conduit au décès d’Ellen Roche, patiente de 24 ans, ou celui duTGN1412 en 2006 en Angleterre, où six patients sont placés en soins intensifs, que l’opinion publique peut prendre conscience du danger des essais cliniques.

 

Et par là même, du risque que représente l’expérimentation animale, car ses médicaments avaient réussi la phase d’expérimentation sur les animaux.

 

"L’expérimentation animale n’est pas transposable systématiquement à l’homme"

 

Question de dosage ? Non, justement. Comme l’expliquait samedi Claire Lejeunne, chef de médecine interne à l’hôpital Cochin, les doses sont bien plus faibles sur les cobayes humains que sur les animaux :

 

"On ne peut pas parler de surdosage car les posologies sont dix fois plus faibles que la posologie théoriquement toxique pour l’animal."

 

Mais c’est bien le modèle animal qui est en jeu : "malheureusement, l’expérimentation animale n’est pas transposable systématiquement à l’homme", précisait-elle à l’antenne d’Europe 1.

 

Comme dans tout scandale sanitaire, les premiers éléments de langage politiques vont tenter de rassurer les citoyens sur l’encadrement de la firme. Contrôlé en 2014, Biotrial fait figure de référence en la matière.

 

"Ce laboratoire était un laboratoire connu pour le sérieux des études qu'il mène. Cela n'empêche pas que toutes les questions seront posées", déclare ainsi la ministre de la Santé Marisol Touraine vendredi.  

 

Les animaux comme bouclier ? Pas toujours...

 

Le passage du modèle animal au modèle humain reste une inconnue, et le bouclier que les animaux sont censés être pour nous protéger des effets secondaires ne saurait être systématique, comme ce que le grand public imagine. 

 

Il s’agirait même d’un tâtonnement selon Claude Reiss, ancien directeur de recherche au CNRS et président de l’association scientifique Antidote Europe, et André Ménache, vétérinaire et directeur scientifique d’Antidote. Ils dénoncent la manière dont une espèce animale peut remplacer une autre lors des essais précliniques.

 

Le 4 janvier, Antidote Europe publiait justement la traduction française de l’article de la neurophysiologiste Aysha Akhtar – "Comment la recherche animale nuit à l’homme" – qui remet en question la viabilité du modèle animal et sa capacité à être prédictif [1].

 

"Quoiqu’il ressorte de l’enquête, il est clair que les essais précliniques de toxicité menés par Bial ont été tragiquement inappropriés. Le modèle animal qui a été utilisé n’a pas pu être prédictif quant aux effets désastreux que les volontaires ont subis à Rennes" [2], sanctionnent John Brosky and Cormac Sheridan dans Bioworld.

La molécule Bia 10-2474 avait été testée sur des chimpanzés

 

Dans le cadre du Bia 10-2474, les essais ont été menés sur des chimpanzés. Depuis l’entrée en application en 2013 de la directive européenne 2010/63/UE, qui réglemente l’utilisation des animaux à des fins scientifiques, il est interdit de mener des expériences sur les grands singes pour des raisons éthiques (et non pas scientifiques) de proximité avec l’homme et d’aptitudes sociales et comportementales.

 

Mais on connaît moins ces deux exceptions légales : la législation juge donc éthiques les expériences sur les grands singes pour des "recherches visant à la préservation de ces espèces, et lorsque des actions concernant une affection potentiellement mortelle ou invalidante frappant l’homme s’imposent, et qu’aucune autre espèce ni méthode alternative ne suffirait pour répondre aux besoins de la procédure."  

 

La molécule Bia 10-2474 entrerait donc dans cette seconde catégorie : c’est-à-dire que le chimpanzé était la seule espèce permettant les essais pour passer en phase 1 sur l’homme en sécurité.

 

Le citoyen s'en remet à l'expertise du scientifique

 

Les firmes pharmaceutiques doivent fournir des données de toxicité pour un rongeur et un non-rongeur. Si les deux espèces tolèrent bien le nouveau médicament, ces données sont soumises à  l’autorité de réglementation en vue d’obtenir la permission de procéder aux essais sur l’homme, les essais de phase 1, sur des volontaires sains.

 

"Toutefois, si une seule des deux espèces animales tolère bien le médicament, la firme qui effectue les tests est autorisée, en fait, obligée à trouver une autre espèce animale de sorte que les données obtenues sur le rongeur et celles obtenues sur le non-rongeur concordent et respectent les critères de 'sûreté' des médicaments", explique André Ménache.

 

"Ainsi, des souris peuvent remplacer des rats, ou bien, des singes être utilisés à la place des chiens. Les autorités de réglementation font confiance aux firmes pour choisir le modèle animal le plus 'approprié' pour tester leur candidat médicament", poursuit-il.

 

Ces expériences ne sont jamais vulgarisées, elles n’intéressent pas le grand public : en tant que non scientifique, le citoyen décide de s’en remettre à la législation et d’estimer que si les essais cliniques sont autorisés c’est que le risque est vraiment limité.

 

La non-expertise du citoyen en matière de santé le conduit donc à s’en remettre à celle du scientifique. C’est une vision plutôt particulière de la démocratie.

 

Cobayes motivés par des rémunérations alléchantes

 

En phase 1, le risque est limité ou inexistant : c’est en tout cas ce que parviennent à penser les volontaires, et ce que disent ceux que les médias interrogent depuis vendredi.

 

Les risques étaient pour eux nuls ou infimes, et ils n’en ont pris la mesure qu’aujourd’hui. C’est le cas d’Alfred, interviewé par BFMTV, qui précise que le protocole est strict, mais que si les effets secondaires sont précisés aux volontaires, le risque, lui reste incalculable et qu’il ne renouvellerait pas ses essais aujourd’hui.

 

L’affaire de Biotrial pose alors la question du consentement éclairé des cobayes humains et de leurs motivations. Avec des rémunérations alléchantes, pouvant tourner autour de 2.000 ou 3.000 euros pour une étude (l’essai pour le Bia 10-2474 était indemnisé 1.900 euros), la tentation du complément de revenu est évidente, même si les laboratoires préfèrent la nier.

 

Les laboratoires recherchant des volontaires les invitent à contribuer au progrès de la recherche, dans une visée philanthropique totalement dépourvue d’intérêt économique, préférant défendre cette motivation bien plus noble et acceptée. C’est ce que s’est empressé de réitérer Biotrial vendredi.

 

Défendre les animaux, c'est aussi défendre l'homme

 

Cette constante vise à étouffer ce tabou : être rémunéré pour être cobaye.

 

L’histoire de l’expérimentation médicale a une constante peu glorieuse. Les cobayes humains ont toujours été des êtres jugés inférieurs par ceux qui expérimentent, que cette infériorité soit liée à leur origine sociale, leur mœurs, leur race, leur sexualité ou leur marginalité. Prostitués, orphelins, déficients mentaux, détenus, homosexuels, juifs, handicapés, indigènes : le panorama est édifiant [3]. "On expérimente les remèdes sur des personnes de peu d’importance", écrivait Furetière en 1690. Autre point commun : l’absence de consentement.

 

Les cobayes animaux sont aujourd’hui ces êtres non-consentants et inférieurs qui souffrent pour nous, mais dans quelle mesure sont-ils des modèles pertinents ? Dans quelle mesure leur souffrance évite la nôtre ?

 

Ce que semble nous apprendre ce drame de la molécule Bia 10-2474, c’est que défendre les cobayes est une même cause, qu’il soit humains ou animaux. Et que peut-être défendre les animaux revient à défendre l’homme. Posons-nous en tout cas cette question. 

 

 

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 [1] "The Flaws and Human Harms of Animal Experimentation", Monitoring Editor : TOM L. BEAUCHAMP and DAVID DeGRAZIA, Guest Editors , Aysha AkhtarCamb Q Healthc Ethics. 2015 Oct; 24(4): 407–419).

[2] "Whatever the outcome of the investigation, it is clear at this point that the preclinical toxicity testing undertaken by Bial was tragically inadequate. The animal models it used were unable to predict the disastrous effects that the trial volunteers experienced in Rennes."

[3] "Les corps vils, Expérimenter sur les êtres humains aux XVIIIe et XIXe siècles", Grégoire Chamayou

 

LE PLUS. À Rennes, un essai thérapeutique a viré au drame. Six hommes ont été hospitalisés, dont l'un en état de mort cérébrale, après avoir testé un médicament psychotrope. Comment est-ce possible ? Faut-il remettre en cause les essais cliniques ? Et que dire de l'expérimentation animale ? Réponse d'Audrey Jougla, auteur de "Profession : animal de laboratoire" (Autrement).

Édité et parrainé par Louise Auvitu

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 11:48

www.ecologie-radicale.org

La lettre de Gérard CHAROLLOIS           le dimanche 17 janvier 2016

TEL 06 76 99 84 65

 Où est l’écologie ?

 

 

Le samedi 16 janvier, elle était à LYON.

A l’appel des associations de protection de la nature, de défense des animaux, trois mille militants affirmèrent que le loup doit vivre et retrouver sa place dans la nature.

Immense succès pour ce rassemblement qui, à la différence de tant d’autres, ne visait pas à promouvoir de sordides intérêts catégoriels, égoïstes, cupides.

Les manifestants pour le loup, ne revendiquant aucune subvention, aucune exonération, aucun avantage lucratif pour eux-mêmes, agirent pour une cause qui nous dépasse tous : celle du vivant.

Qu’en dira une presse trop souvent formatée par les lobbies, propriété des forces d’argent et instrumentalisée pour maintenir l’opinion en état de soumission ?

 

Le Marché exige des consommateurs assujettis et, pour les priver de pensée, dénature les mots.

Les dénominations partisanes ont perdu leurs sens et la politique son crédit.

Il n’y a que les grincheux antifiscalistes pour croire encore que la France s’est donnée au socialisme en 2012.

Quand les mots ne veulent plus rien dire, la réflexion, le débat, l’opinion s’égarent.

L’écologie n’échappe pas à ce délitement du sens et l’on gagne toujours à bien définir ce dont on parle.

Créée dans la seconde moitié du  19ème siècle par des biologistes, botanistes et zoologistes, l’écologie fut initialement la science du milieu naturel, l’étude du rapport entre les espèces et leur environnement.

Ce n’est qu’un siècle plus tard que la notion accéda au champ de l’éthique et de la politique avec la création des parcs nationaux, des réserves naturelles, des mouvements de défense de la faune et des sites et l’apparition du ministère de l’environnement, en 1971.

Le premier titulaire de ce ministère, Robert POUJADE, qualifia son service de « ministère de l’impossible », sans doute en constatation que l’objectif de sauver le vivant était inatteignable dans une société aux mains des lobbies, au service du profit et de la spéculation.

Le ministère de l’impossible est, entre temps, devenu celui de l’imposture.

Il protège la chasse et tue les loups.

Il offre une caution morale aux grands travaux inutiles, à l’agrochimie, au massacre des oiseaux migrateurs.

Je regrette que le parti écologiste, sauf remarquables et courageuses exceptions au nombre desquelles je citerai la députée Laurence ABEILLE et le député européen Pascal DURAND, ne parle pas suffisamment haut, fort et clair pour la défense du vivant.

Ce rapport à la nature est le plus grand défi de notre temps, bien plus essentiel que l’écume de l’actualité qui étouffe le vrai débat, la question fondamentale : l’humain va-t-il anéantir toutes les autres formes de vies ?

 

 

Car, par-delà les impostures, les petites lâchetés, c’est l’enjeu final.

La croissance démographique, le « développement économique », l’augmentation de la consommation planétaire, posent cette question occultée par les lobbies, par les politiques et donc par les médias.

Il n’y a pas un canton, en ce pays et partout ailleurs, sans son élu local, son promoteur, son aménageur récitant que son petit projet, son extension, son infrastructure, sa coulée de béton et d’asphalte ne représentent pas une si redoutable agression contre la nature et qu’il faut bien du « développement durable ».

Immanquablement, à terme, ce processus infini aboutira à la mort des milieux naturels, de la faune et de la flore.

Il nous appartient de poser cette question éthique et d’affirmer que cette destruction du vivant est inacceptable.

Peut-on tolérer plus longtemps un système fondé sur l’exploitation, la concurrence, la compétition, l’écrasement d’autrui, le saccage, le pillage, le lucre, la violence ?

Non, la voix de l’écologie ne doit pas s’éteindre, faute de porter un message novateur.

Non, cette grande cause ne doit pas être ignorée des citoyens, au point de ne recueillir que 2% des suffrages lors d’une élection à l’échelon national.

Or, c’est ce qu’il adviendra si l’on perdure à taire la raison d’être d’une pensée de réconciliation avec le vivant.

L’écologie politique peut exprimer un libertarisme des mœurs et un solidarisme social auxquels j’adhère sans réserve, mais, sans sa dimension éthique du respect de la nature, de l’animal et de toute vulnérabilité, elle n’est rien et ne peut attendre aucun écho dans une société dont elle ne relèverait pas le vrai défi.

 

Il est souhaitable qu’une primaire de l'écologie, ouverte, loyale, accessible à tous les citoyens se reconnaissant dans le grand combat pour le vivant, désigne un porte-parole susceptible de créer un rapport de forces contre les lobbies de la mort.

A défaut d’une telle primaire, face à la nocivité des politiques suivies par les vieux partis usés, il conviendra d’envisager les moyens d’offrir au pays une issue autre que celle qui se présente, faute de mieux, pour en finir avec la fausse alternance.

Par-delà les partis, les mouvements et associations, j’en appelle à l’unité, au rassemblement des défenseurs du vivant, pour un  rejet des ambiguïtés éthiques.

A LYON, le 16 janvier, pour le loup, nous vîmes  la démonstration de ce que peuvent les biophiles, lorsqu’ils savent s’unir.

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE

POUR LE RESPECT DES ËTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

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