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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 09:31

www.ecologie-radicale.org

La lettre de Gérard CHAROLLOIS le dimanche 8 mai 2016

Tél. 06 76 99 84 65

 

 

Et si l’on évitait le pire, en choisissant le meilleur.

 

 

           Les peuples souffrent, se crispent et se recroquevillent dans l’aigreur rance, la détestation d’autrui.

Ces mauvais sentiments annoncent le retour de la droite affairiste, malfaisante, celle de chasse, béton et traditions, celle qui insulte les humbles en les traitant « d’assistés », qui sacrifie les services publics et la nature au profit des oligarques de la finance, celle qui ne frappera pas que le voisin, celle qui aime les promoteurs spéculateurs et célèbre avec dévotion le culte du Marché, celle qui, pour ne pas être larguée par la droite nationaliste, la dépasse dans la surenchère aigre, l’attaque personnelle, la haine des partageux.

 

En 2017, tout annonce le triomphe des ultras-libéraux, prêtres du  système économique génèrant les frustrations, les régressions, les nuisances affectant la société contemporaine.

En fait de changement, ce serait une accélération de la course à l’abîme, une aggravation des tares qui engendrent pollutions, artificialisations de l’espace naturel et paupérisation des populations et ce afin de permettre à une poignée d’exploiteurs d’accentuer leurs rapines.

Grâce à son système social et son fort secteur public, la France, contrairement à ce que bêlent les « libéraux » surmonte moins douloureusement la « crise » que les autres pays, Allemagne comprise, qui ont troqué le chômage contre plus indigne : le servage, c’est-à-dire les faux emplois précaires, à temps réduit, sous-payés.

 

En mai 2017, finies les nuits debout. Voici le matin gris où le pays retombe entre les mains cruelles et déprédatrices des hommes qui dirigent déjà nombre de régions offertes aux exactions des aménageurs.

Pour mesurer leur malfaisance, il suffit d’observer ce qui se passe en RHÔNE ALPES : suppression des subventions aux associations de protection de la nature,mais subventions aux entreprises déprédatrices de la nature.

 

       A ce jour, sans un sursaut, sans une prise de conscience massive de ce qui se prépare, le pays connaîtra un grond bond en arrière.

 Ce pronostic sombre se fonde sur l’observation des résultats des élections partielles et des sondages d’opinion.

Alors, va-t-on subir, cinq ans fermes de totalitarisme du parti de l’argent et du mépris du vivant ?

 

Trop prévisible, ce succès des ennemis de la terre, amis du CPNT, peut encore être évité.

Comment ?

A deux conditions :

---D’une part, rassembler ceux qui, sachant le danger, veulent s’unir pour opposer une résistance déterminée aux forces de saccages, tant de l’écologie que des droits sociaux ;

---D’autre part,  Ce rassemblement créé, susciter une dynamique nouvelle, en dehors de la vieille classe politique discréditée.

 

Les enquêtes d’opinion révèlent que 70% des Français souhaiteraient un président extérieur à la classe politique.

Nombre de personnes perçoivent cette aspiration à échapper à une fausse alternance qui consiste à remplacer ceux qui sont là, depuis dix ans, par ceux qui étaient aux « affaires », avant eux, il y a vingt ans.

Ils servent tous les mêmes intérêts, les mêmes lobbies, avec les mêmes idées ringardes et éculées.

Ce sursaut pourra se produire le jour où les citoyens comprendront que la démocratie n’est que de façade, que le système est strictement verrouillé, qu’une petite caste confisque le pouvoir, anesthésie l’opinion, l’amuse avec des leurres, des postures, des fausses ruptures.

 

      Je sais que ce jour viendra, car on ne peut pas duper tant de gens perpétuellement.

       Ce sursaut sera écologiste, puisque la nouvelle frontière éthique et politique réside dans notre rapport au vivant.

Pour l’heure, pendant qu’une certaine France frileuse, aigrie, égoïste s’apprête à se donner aux agents des oligarques, les forces de renouveau tâtonnent, foisonnent de projets, d’initiatives sympathiques mais trop brouillonnes pour inquiéter les ennemis de la terre.

Pendant que nos amis discourent, s’autonomisent, montent des micro-partis, et rejettent toutes les structures militantes, les tenants de l’ordre injuste, les détenteurs du pouvoir de l’argent, des médias, des lobbies, se préparent à perpétuer leur nuisance.

Ces maîtres du système, installés à vie dans les arcanes du pouvoir,  vont jusqu’à instrumentaliser le « trublion », le « gauchiste », le « radical » pour effrayer le timoré et contrôler le troupeau par la peur du désordre.

 

Ce n’est point dans l’atomisation, la révolte individuelle, l’émiettement des forces que nous pourrons faire gagner le vivant,mais, inversement, dans l’unité, la volonté collective de faire émerger une société tournée vers l’être, la nature, le souci du mieux vivre.

Autrefois, lorsque les socialistes étaient socialistes, avant 1983, leur slogan était « changer la vie ».

Aujourd’hui, notre slogan est : « sauver la vie ».

Le mercantilisme et le traditionalisme tuent.

Chassons-les !

 

 

            Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE

POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 11:48

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La lettre de Gérard CHAROLLOIS Le dimanche 24 avril 2016

Tél. 06 76 99 84 65

 

Du théocentrisme au biocentrisme.

 

 

Confronté à sa finitude, à la peur de la mort, mère des peurs, aux mystères de la nature et des éléments atmosphériques, l’humain s’inventa des dieux pour peupler l’ombre de son ignorance, enchanter le monde, le domestiquer.

Avec les religions, les interprètes des dieux, ceux qui écrivirent et parlèrent en leurs noms, édictèrent des lois aux sociétés humaines, lois dites hétéronomes puisque provenant d’une autorité supérieure et non d’une libre délibération du groupe social.

Jusqu’au 18ème siècle, l’Occident vécut en théocratie, les monarques de droit divin étant les représentants de dieu sur terre et l’offense à dieu étant incriminée et sanctionnée de peines définitives et cruelles.

 

Aujourd’hui, En Afrique, au Proche-Orient, des peuples subissent encore le théocratisme, sous forme de charia, loi prétendument émanant d’un dieu, confinant les sociétés humaines dans un moyen-âge peuplé de superstitions, de guerres tribales, de supplices effrayants.

 

 

Le premier mouvement d’émancipation, dont nous sommes les bénéficiaires, trop souvent ingrats, consista à rechercher la vérité non plus dans un texte « sacré », mais dans le grand livre du monde dont les encyclopédistes entreprirent le déchiffrage.

Finie la théocratie, même pour les croyants, en Occident, dieu cessant, pour tous, d’être un législateur, pour demeurer, pour ses adeptes, une consolation de devoir mourir inéluctablement, un bien mauvais jour.

Depuis le 18ème siècle, l’homme fit la loi pour les hommes.

La loi ne provenait plus d’une autorité supérieure, d’une autre nature, mais de délibérations collectives et d’hétéronome, elle devint autonome.

L’homme était devenu le centre des valeurs, la mesure de toute chose.

On parla d’humanisme et d’anthropocentrisme.

Indéniablement, ce fut un immense progrès qui améliora considérablement la condition des individus reconnus dans leurs droits, leur liberté, leur dignité.

En théocratie, l’individu n’est rien et la divinité un tout absolu.

En humanisme, c’est la personnne humaine qui vaut et devient la mesure de toute chose.

Toutefois, ce n’est point l’homme qui apparut sur terre, mais le phénomène Vie.

D’autres espèces cohabitent avec nous, aspirent à vivre et affrontent également la grande épreuve de la souffrance et de la mort.

Les animaux sont des êtres sensibles, au système nerveux si proche du nôtre, éprouvant l’angoisse, quêtant le bien-être et fuyant la douleur.

Face à ces faits, ces constatations objectives, l’éthique appelle un élargissement du cercle des valeurs.

Comme l’on passa du théocentrisme à l’anthropocentrisme, nous devons accéder au biocentrisme.

Ce terme ne signifie rien de moins que la reconnaissance de la valeur du vivant.

 

Pendant longtemps, les hommes adorèrent, en les craignant, des dieux qui n’existent pas et ignorèrent les animaux qui existent et ne sont pas des choses.

 

La théocratie généra la guerre, entre les hommes, car les prophètes et leurs émules manièrent l’épée et le supplice pour imposer leurs divinités.

L’anthropocentrisme promut le commerce, la spéculation, l’exploitation des êtres et notre civilisation se trouve à l’apogée de ce système de valeurs.

Le biocentrisme ne déterminera pas une régression vers une ère antérieure, irrationnelle, mais, inversement, élèvera la condition humaine avec celle de tout ce qui vit sur terre.

La guerre sainte, fille du théocentrisme, peut rejoindre le musée des horreurs et le commerce, fils de l’anthropocentrisme, doit céder le pas à la sauvegarde de la nature.

Je sais, voilà dees considérations bien trop complexes pour nos politiciens creux, en mal de communication et pour les médias, propriétés des oligarques.

Ils préféreront rabâcher le dernier hoquet de tel ou tel personnage qu’ils veulent imposer à l’opinion, pour que leur système dure mille ans !

Nous vivons une époque hallucinée !

Nous pâtissons d’un fascisme de ruse, moins brutal et plus pernicieux que le fascisme de force, de naguère.

Bien sûr, la dictature du Marché et des tenants de « There is no alternative », ne durera pas mille ans, puisqu’elle n’est pas viable, à terme.

Mais cela durera bien assez pour permettre aux oligarques de se gaver, de  jouir de leurs déprédations, en connivence avec les « partis de gouvernement » !

 

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:57

Prince est parti dans un monde meilleur, et c'est tout ce que je lui souhaite...

Mais saviez-vous que Prince était vegan ( mot à la mode et parfois récupéré par n'importe qui et pour n'importe quoi et pas toujours en bien hélas...).

Il a été élu le végétarien le plus sexy du monde en 2006
Végétarien convaincu, le chanteur a été élu par la PETA, "le végétarien le plus sexy du monde" en 2006. En 1999, il avait clos son disque "Rave Un2 The Joy Fantastic" par une citation de Gandhi : "Pour moi, la vie d'un mouton n'est pas moins précieuse que celle d'un humain.

Il refusait de porter du cuir, de la laine ( en anglais ) :

http://www.bustle.com/articles/156336-was-prince-a-vegan-he-upheld-his-beliefs-throughout-his-life

 

 

Il avait écrit une chanson intitulée  Animal Kingdom où il parlait de son végétarisme :

 

http://www.lyricsfreak.com/p/prince/animal+kingdom_20111426.html ( en anglais )

 

 

I saw a friend of mine today 
In an ad sayin' what would do my body good 
I told him he was wasting time I say 
If God wanted milk in me 
The breast I suck would have a line around the hood 

No member of the animal kingdom nurses past maturity 
No member of the animal kingdom ever did a thing 2 me 
It's why I don't eat red meat or white fish 
Don't give me no blue cheese 
We're all members of the animal kingdom 
Leave your brothers and sisters in the sea 

Animal, animal kingdom {x2} 

Who told us we should eat the swine? 
You can bet your final money it damn sure wasn't no friend of mine 
What about the clams on the shore? 
Souls in progress, here come the fisherman - soul no more 

No member of the animal kingdom nurses past maturity 
(Nurses past, oh yeah) 
No member of the animal kingdom ever did a thing 2 me 
(Ever did a damn thing) 
So I don't eat no red meat or white fish 
Or funky, funky blue cheese 
We're all members of the animal kingdom 
Leave your brothers and sisters in the sea 
 

 

Traduction ( googlelisée et pas parfaite ... )

 

J'ai vu un de mes amis aujourd'hui
Dans une annonce disant: « que ferait mon corps de bien "
Je lui ai dit qu'il perdait son  temps, 
Si Dieu voulait du lait en moi
La poitrine je suce aurait une ligne autour de la hotte
Aucun membre du personnel infirmier du  règne animal ne passe la maturité 
Aucun membre du règne animal ne m'a jamais rien fait 
C'est pourquoi je ne mange pas de viande rouge ou poisson blanc
Ne me donnez pas de fromage bleu
Nous sommes tous les membres du règne animal
Laissez vos frères et sœurs dans la mer
Animal, règne animal {x2}
Qui nous a dit que nous devrions manger le porc?
Vous pouvez parier que votre argent n'est pas mon ami
Qu'en est-il des palourdes sur le rivage?
Âmes en cours, voici venir le pêcheur - plus d'âmes
Aucun membre du personnel infirmier du règne animal n'arrive à maturité
(Infirmières et infirmiers passé, oh yeah)
Aucun membre du règne animal ne m'a jamais rien fait 
(Jamais fait une putain de chose)
Donc, je ne mange pas pas de viande rouge ou poisson blanc
Ne me donnez pas de fromage bleu 
Nous sommes tous les membres du règne animal
Laissez vos frères et sœurs dans la mer

 

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 10:43

www.ecologie-radicale.org

La lettre de Gérard CHAROLLOIS Le dimanche 17 avril 2016

Tel 06 76 99 84 65

 

 La comédie des politiques.

 

 

 

Les médias adorent les oxymores, ces hommes de gauche qui font des propositions de droite et inversement.

Plus c’est fade, flou, mou, évanescent et plus les canaux de l’information s’ouvrent pour permettre à d’excellents acteurs de radoter sur le thème : « Je préconise un changement radical. Une nouvelle façon de faire de la politique. Je veux que les gens s’approprient le débat, ouvrir la société, faire sauter les clivages. . ».

 

 .  Et cela dure à longueur d’interview dont ne ressort aucune proposition concrète.

La forme, le style, les « éléments de langage », les postures tiennent lieu de pensée, de conviction et même de programme.

Que feront ces personnages du pouvoir qu’ils convoitent sans cesse ?

Ils serviront les lobbies de la finance et ceux de l’arriération.

En fait, pour eux, le changement, tient à l’excellence de  leur carrière.

L’arbre, l’animal et l’homme ne les préoccupent nullement et ils se garderont bien de dire quoi que ce soit de tangible qui risquerait de leur aliéner ces suffrages qu’ils désirent comme le toxicomane aspire à son poison.

Avec ces politiciens, les mots, les concepts, les idées s’altèrent.

Le citoyen  doit s’atomiser, s’isoler pour être  impuissant face aux forces d’argent, empêché délibérément de s’agréger en une force susceptible d’inquiéter les intérêts du Marché, de la finance, des groupes de pressions.

 

 

Pauvre individu désarmé, il ne pèse rien face aux puissances du temps et sa contestation est même cultivée, pour peu qu’elle demeure très personnelle et ne fasse pas masse.

Le libéralisme économique acculture le citoyen pour mieux le neutraliser.

On le persuade que sa parole, sa révolte, son indignation constituent des actes politiques, puis, après l’avoir ainsi amusé, concrètement, par les urnes, le parti du MEDEF qui est aussi celui du CPNT s’approprie tous les pouvoirs, sans même que nos  sympathiques indignés mesurent l’ampleur de l’astuce.

En politique, on peut avoir des adversaires idéologiques. Puis, on a un ennemi :

Pour moi, l’ennemi est clairement identifié.

Il torture l’animal, extermine la nature, exploite les hommes, compromet la viabilité de la terre.

 

 La gauche, la droite, « cela n’aurait plus de sens », pour les tenants de l’ordre injuste établi, soucieux d’anesthésier l’opinion.

 

On n’explique  pas ces notions de politologie qui seraient cependant indispensables à l’appréhension du réel.

Alors, avec mes amis lecteurs, faisons un peu d’Histoire :

Le 11 septembre 1789, les états généraux, devenus assemblée constituante, délibéraient sur la possibilité d’un veto royal opposable aux lois adoptées par l’assemblée nationale.

Ceux qui étaient pour le veto du roi se plaçèrent à droite, face au président de la constituante et ceux qui le refusaient se rangèrent à gauche.

Ce clivage traverse, jusqu’à nos jours, l’histoire politique contemporaine : républicains contre monarchistes, anticléricaux contre traditionalistes, dreyfusards contre antidreyfusards, socialistes contre maîtres de forges, antifascistes contre antimarxistes, décolonisateurs contre impérialistes, soixanthuitards contre conservateurs,, voilà pour le passé révolu, mais, avec constante, défricheurs d’idées nouvelles contre tenants de l’ordre immuable.

 

 

Et aujourd’hui ?

Le débat de fond, le vrai clivage oppose  ceux qui veulent constituer une Force Pourle Vivant et les tenants de la chosification du vivant.

Tout le reste n’est qu’écume, ambitions personnelles, verbiage creux.

La question est :

Un être sensible ne vaut-il pas davantage que l’argent et les traditions ?

Aujourd’hui, si vous voulez savoir ce qu’est le parti négationiste des droits du vivant, une caricature de l’esprit réactionnaire et malfaisant, visitez la région AUVERGNE RHÔNE ALPES, tombée sous la coupe d’un politicien qui méprise « l’assistanat », réduit de moitié les subventions à la fédération régionale de protection de la nature, gratifie la firme CENTER PARCS qui veut saccager une forêt en Isere, offre des autoroutes aux multinationales du BTP et aux tiroirs caisses des petits copains des sociétés autoroutières, voudrait des gaz de schistes, conchie le principe de précaution, bref, détruirait volontiers la planète pour enrichir les oligarques.

Inutile d’ajouter qu’il fit alliance avec le CPNT, comme le firent tous les leaders de son parti conservateur, lors des dernières régionales.

Ceux qui les ont élus, savent-ils qu’ils ont voté pour la mort de la faune, de la forêt, des sols, des eaux, de l’air exempts de poisons ?

Savent-ils qu’ils ont voté contre les services publics, contre les salariés, contre les gens humbles ?

Savent-ils que ce parti sert les intérêts sordides des affairistes, des chambres de commerces et de l’industrie, toujours en manque de bétonnage et de bitumage, de la FNSEA ?

Non, car, acculturé politiquement, le citoyen vote par ressentiment et sans vraiment connaître la portée de son choix.

Aussi, il va de déception en désillusion, pour toujours souffrir les mêmes domestiques des oligarques.

N’oublions jamais que les ennemis de la terre sont les nôtres.

 

 Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 16:57

Misère du viandisme

Par Dalibor Frioux, Ecrivain — 10 avril 2016 à 17:51

Le débat sur les maltraitances dans les abattoirs met en scène les ardents défenseurs de la consommation de viande. Ces «viandistes» ne font pas que manger, ils parlent, écrivent, militent.

 

Plus effrayant que les crânes fracassés et les geysers de sang des abattoirs, plus troublant que l’obésité offerte avec chaque hamburger, plus renversant que les océans de soja transgénique à destination des élevages ? La défense du système viandiste par des intellectuels cultivés, telle qu’on peut l’entendre depuis quelques années dans les plus grands médias. Il importe de distinguer soigneusement le viandiste du simple mangeur de viande. Ce dernier, comme tant d’entre nous dans d’autres domaines, ne fait que suivre une habitude. En général, on n’est ni fier ni honteux de ses habitudes, on se contente d’en avoir car il faut bien que nos vies soient sur des rails. Le viandiste, lui, ne fait pas que manger de la viande, il écrit, parle, milite, ironise, théorise et tempête pour que sa consommation soit perpétuée, honorée, justifiée, défendue, encouragée (avec une éventuelle montée en gamme). Débat après débat, on l’entend répéter les mêmes arguments, qui peuvent se résumer à ces principaux.

 

 

 

L’argument anthropologique.Si l’homme est devenu ce qu’il est, c’est grâce à la coopération des groupes de chasseurs et à cette source de nourriture permanente qu’était le gibier avant le néolithique, à la différence des végétaux, tributaires des saisons. En d’autres termes, renoncer à la viande serait renoncer à ce qui a fait notre humanité, trahir nos ancêtres. Que la viande ait été une commodité logistique, une stratégie de survie des premiers hommes engagerait tous leurs successeurs. Au nom de l’unité du genre humain et de la loi des grands commencements, il faudrait donc perpétuer (voire rétablir) la pauvreté (qui aiguise l’ingéniosité), la guerre (si favorable à l’essor des techniques), l’esclavage et le servage (si nécessaires à la révolution industrielle) ou encore la domination masculine (autrefois si universelle qu’on se demande comment notre espèce survit à cette perte de repères).

 

L’argument de tradition.Le terroir, le travail, la passion des éleveurs authentiques, voilà qui exige un respect inconditionnel. En cette période de chômage de masse et de travail dépourvu de sens, c’est à considérer. Quand bien même 90 % de la viande serait de la bidoche de batterie élevée et tuée par des dépressifs, la tradition reste une vitrine qui ne se refuse pas : elle sert de cache-sexe géant. Peu importe l’ignominie des usines à steaks de la planète, il y a au loin, quelque part, peut-être, un éleveur de la Drôme qui fait dans l’agneau bio de père en fils depuis le paléolithique, et cela suffit à notre rédemption à tous. La casuistique viandiste est admirable.

 

L’argument convivialiste.Comme s’exclamait un anthropologue, on ne se voit pas, cet été, inviter ses amis à une «maïs party» ! Cessons de parler de protéines, de vitamines et de minéraux, la nourriture est une fête, un rêve, une commensalité joyeuse ! Et pas de fête sans un animal mort circulant de main en main. Ici aussi, c’est l’unité du genre humain qui est en jeu, le lien social le plus fondamental. Que le végétal offre infiniment plus d’occasions de festoyer que la petite dizaine d’espèces animales couramment commercialisées ne frappe pas ces âmes sociables. Il semblerait qu’à leurs yeux l’humanité soit toujours cette horde primitive qui a besoin d’un holocauste de quelque créature à visage (bouc, père ou enfant, au choix) pour faire société. Finalement, les primitifs ne sont pas ceux que l’on croyait.

 

 

 

L’argument de bienfaisance.Mieux encore, l’homme n’a véritablement de commerce avec l’animal qu’à travers cette tradition millénaire de compagnonnage. Ils se sont faits l’un l’autre. Sans notre appétit, poulets, taureaux et moutons disparaîtraient. La viande serait la condition de la biodiversité et de la fraternité homme-animal. Et nos viandistes de nous refaire l’Empire des sens d’Oshima : une passion si intense doit finir par l’ingestion. Etranges amours que cet élevage en boîte de morts-vivants trafiqués, tués avant l’apoplexie dans les premières années de leurs vies, avec bondage à tous les étages. Et à la fin, face, je te tue, pile, je te mange.

 

 

 

L’argument relativiste.La catégorie «animal» n’existe pas. Il n’y a que des animaux différenciés par l’homme, selon ses intérêts. Les bonnes âmes qui se pâment dans les abattoirs ne s’indignent pas qu’on tue une mouche. Tout est construit, donc tout est permis. Un jour, on découvrira la sensibilité de la carotte et les végétariens mourront de faim. Tout choix est arbitraire, donc faisons le choix le plus cruel et torturons les systèmes nerveux les plus proches du nôtre. Cela démontrera notre liberté intellectuelle.

 

 

 

L’argument mystique ou païen.Comment nommer autrement ce moment singulier où le viandiste, dans une tirade à voix rocailleuse, conspue nos sociétés bien-pensantes, hygiénistes et droit-de-l’animalistes pour faire l’éloge du poil, du sang, de la virilité, de la cruauté de la nature ? Le loup aime l’agneau, il ne s’excuse pas. Aiguisez vos canines et retrouvez le prédateur qui est en vous, frères chamans. Les animaux nous remercient de la vie que nous leur avons donnée, ils s’offrent à nous comme des cadeaux de l’évolution, des preuves de notre génie païen, une incorporation des vertus magiques de la bête et du paysage. Vous courrez comme des lapins, serez solides comme un bœuf, vifs comme une poule (ceux de l’image sur l’étiquette, pas les vrais).

 

 

 

L’argument hédoniste.Le viandiste ne résiste pas à l’attrait d’une côtelette, d’un gigot ou d’une bavette, surtout dit comme ça. Un grand sourire carnivore à l’appui, il moque les substituts de viande pour pointer le grand refoulement des végétariens blanchâtres. Lui assume ses plaisirs, il est une force qui va, il fait la chasse aux petits bonheurs, il aime les femmes aussi, tout ce qui se mastique, quoi. La vie est trop courte. Par contre, chasser et tuer lui-même, comme se l’est promis un brillant PDG, c’est gentil, mais là aussi la vie est trop courte. Même visiter un abattoir, cela casserait l’ambiance du côté des enfants. La cruauté, c’est jouissif, le courage, ça pique.

J’ai longtemps été mangeur de viande. Devenu végétarien bien avant ces débats, j’ai brûlé de curiosité à l’écoute des premiers défenseurs du système. Qu’allaient-ils dire à quoi je n’ai pas songé ? Cela aurait rétrospectivement excusé mon irréflexion première. Mais rien ne vint ni n’est venu depuis, si ce n’est ce vide, ces confessions embarrassées, ces coups de menton, ce sentiment de fuite en avant.

Cherchez, vous trouverez difficilement des arguments plus solides. Je sais, c’est consternant. Aucun de ces beaux esprits adeptes de la déconstruction et de l’histoire longue n’oserait de tels arguments à l’égard des femmes, des Noirs, des enfants ou même des œuvres d’art. Pour rester dans le registre de l’hémoglobine, il y a bien un effet Dracula : ce qui est porté à la lumière se dissout. Masqué, le système viandiste prospère. Eclairé, il effare. Justifié avec les moyens du bord, il perd tout sens. Merci, les viandistes.

Dernier ouvrage paru :Incident voyageurs, Seuil, 2014.

Dalibor Frioux Ecrivain

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 11:32

(rappel : L’assemblée générale de la CONVENTION VIE ET NATURE se tiendra le samedi 16 avril, à partir de 14 heures, dans les locaux de l’AGECA, 177 rue de CHARONNE, PARIS XI).

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La lettre de Gérard CHAROLLOIS le dimanche 10 avril 2016

Tél. 06 76 99 84 65

 

Une faute de l’Occident.

 

 

 

Notre civilisation, continuatrice de celles de la Grèce et de Rome, a conquis la planète, parfois pourle meilleur, parfois pour le pire.

 

 

Droits de l’homme, égalité des sexes, émancipation de la femme, liberté individuelle, laïcité et confinement du religieux, (pour ceux qui en ont besoin), dans la sphère privée, démocratie représentative, liberté de la presse, refus des discriminations fondées sur les orientations sexuelles, refus des traitements inhumains et dégradants, ainsi que  des mutilations corporelles, relative séparation des pouvoirs avec indépendance des tribunaux, autant de conquêtes magnifiques, appelant notre gratitude pour les hommes de mieux qui, dans le passé, affrontèrent les forces réactionnaires, contraires à ces acquis qui nous semblent tellement établis que nous en oublions les bienfaits et l’âpreté des luttes qu’exigea leur avènement-.

Cependant, nous ne vivons pas la fin de l’Histoire. Nous ne sommes pas parvenus à l’accession à une société idéale éclairée par le droit, la raison, le respect des êtres.

D’autres Lumières s’imposent, de nouvelles frontières, et d’autres luttes  s’annoncent.

 

C’est, qu’à la racine de la société occidentale, retentit un criminel impératif divin : « croissez et multipliez. Soyez l’effroi de toutes les créatures remises à votre libre disposition ».

Une séparation définitive fut ainsi dressée entre l’espèce humaine et le reste du vivant, la première étant d’essence divine, les autres formes de vies n’étant-là que pour servir celui qui s’inventa des dieux à son image.

L’homme devint infernal pour l’animal, calamité pour la nature, exploitant, tuant, massacrant, torturant sans vergogne.

 

 

Les philosophes des siècles passés, tout occupés à émanciper l’humain des tyrannies théocratiques et monarchiques, oublièrent de penser le rapport à l’animal et à la nature.

Cet oubli s’avéra confortable pour les lobbies économiques et récréationnels tirant leurs intérêts et raisons d’être de la maltraitance et de la chosification des animaux.

Il y eut, dans les deux cents dernières années, d’éclatantes ruptures, des abolitions retentissantes qui, en des jours de triomphe de la civilisation, virent disparaître la question, le bûcher, l’arbitraire monarchique, l’esclavage, le bagne, l’exclusion des femmes du corps électoral, l’ostracisme des homosexuels, la peine de mort.

Aujourd’hui, la nouvelle frontière est biocentriste.

Elle appelle l’abolition de la corrida, de la chasse, de tous les actes de maltraitances des animaux et l’arrêt de la cancérisation de la nature, par les affairistes et promoteurs.

La cause du vivant est le grand défi du temps, le point de friction entre les nouvelles Lumières et l’obscurantisme des tortionnaires, des tueurs, des exploiteurs.

Ce n’est pas un hasard si la question animale et écologique surgit de nos jours.

La pensée, l’éthique, les lois d’une société sont directement tributaires des connaissances.

Or, la paléontologie, la biologie moléculaire, l’éthologie, l’appréhension de l’univers révèlent l’unité première du vivant.

L’espèce humaine appartient à une biosphère dans laquelle chaque espèce possède sa spécificité, son propre.

Dire qu’existe un « propre de l’homme » est aussi évident et vain que dire qu’existe « un propre du cheval, de l’aigle royal et du dauphin ».

Reconnaître les droits du vivant n’enlève rien aux droits de l’homme, bien au contraire.

Ce qui, en Occident, freine l’émergence des droits du vivant sont les facteurs qui précarisent les droits humains.

Ces facteurs régressifs ont pour nom exploitation, concurrence, compétition, accaparement, domination, oppression, violence.

Le biocentrisme vise à construire une société plus douce, plus accueillante à ses membres, dans laquelle il fait bon vivre et surtout où l’acte de tuer, de souiller, de polluer, inspire horreur.

Nos grands devanciers abolirent tant de traditions honteuses qu’ils ne manquent pas de nous  exhorter d’abolir le grand massacre des animaux et de la nature.

Parce que la question animale surgit, enfin, dans le débat des consciences, que les philosophes, les commentateurs, les citoyens s’interrogent sur la faute morale que constitue le grand massacre, il nous faut construire le parti politique porteur de cette rupture de civilisation, une Force Pour le Vivant.

Merci d’en être !

Un jour notre combat apparaîtra évidemment juste à tous et les hommes de demain s’étonneront qu’il ait fallu tant de temps et d’efforts pour faire reconnaître les droits de l’animal et de la nature.

 

 

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE

POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 10:36

Finie l’époque où la cause des bêtes était l’apanage de quelques adeptes de Brigitte Bardot : les peoples, politiques, artistes et intellectuels se proclament désormais végétariens.

Arnaud GonzaguePublié le 22 février 2016 à 20h32

 

 

Ils sont vegan, végétariens, ou ne supportent tout simplement pas les souffrances infligées aux bêtes. Passage en revue des défenseurs des animaux les plus connus. 

Les people

On la croyait un peu ringarde, mais sa venue en janvier a provoqué une émeute de journalistes à l’Assemblée nationale ! Pamela Anderson, l’ex-égérie bikinisée d’ "Alerte à Malibu" était pourtant là pour une cause on ne peut moins futile : soutenir la députée verte Laurence Abeille dans son combat pour abolir le gavage des oies. La star canadienne est en effet végétarienne et sa fondation finance des campagnes contre la maltraitance animale sans passer, comme ça aurait peut-être été le cas il y a encore quelques années, pour la starlette devenue mèmère à chienchien.

 

C’est qu’aujourd’hui, proclamer son refus de consommer de la chair animale ne nuit pas à une image médiatique, bien au contraire. De Penélope Cruz à Mylène Farmer, en passant par Leonardo di Caprio ou Gwyneth Paltrow – sans parler de leur ancêtre à tous, Paul McCartney – tous prônent publiquement le "no steak" et cela leur réussit. Que ceux qui verront Di Caprio mordre à pleines dents dans un vrai foie de bison dans son dernier long-métrage, "The Revenant", ne lui en tiennent pas rigueur : il a tout vomi  après avoir tourné la scène.

Les politiques

Il aimait la bonne chère, et ça se voyait. Il est devenu "presque végétarien" et ça se voit. Jean-Vincent Placé, nouveau secrétaire d’Etat chargé de la réforme de l’Etat a fait cette confidence sur le plateau d’ "On n’est pas couché" devant un Aymeric Caron – ardent promoteur du végétarisme – ravi. Bon, le "presque" est important : il ne mange plus que du poulet et des viandes blanches. Les promesses politiques sont toujours à examiner de près.

Placé pourrait s’inspirer de l’ancien président Bill Clinton qui a non seulement abandonné le régime carné, mais s’est converti depuis 2010 au véganisme - c’est-à-dire qu’il refuse de consommer tout produit animal (beurre, lait, œufs...). Ce n’est pas une lubie : l’homme qui a déjà subi plusieurs pontages coronariens, jure qu’il ne serait peut-être plus de ce monde s’il continuait à s’empiffrer de protéines animales. 

Les activistes

C’est la plus intéressante des associations françaises de lutte pour la cause animale : L214, animée par le vegan lyonnais Sébastien Arsac, petit-fils de boucher et ancien fan de viande, est assurément celle qui sait le mieux utiliser les réseaux sociaux. Souvenez-vous de ces images d’abattoir qui ont horrifié des centaines de milliers d’internautes : des poussins jetés vifs dans un broyeur ou longuement étouffé dans des sacs, des bovins et moutons saignés alors qu’ils ont repris connaissance, des chevaux terrorisés, des cochons gazés… 

L214 a compris que les grands débats théoriques étaient toujours moins convaincants que la réalité des abattoirs regardée en face. Mais le discours de son porte-parole est  plus complexe que le simple "refus" de la souffrance animale. Par exemple, est-il acceptable de continuer à broyer des poussins – même dans des conditions dignes – juste parce qu’ils sont jugés non-viables commercialement ? Pas simple.

 

 

Les intellectuels

Son "Plaidoyer pour les animaux" (Allary, 2014) a fait un carton en librairie. Le médiatique généticien et moine bouddhiste Matthieu Ricard pose cette question : "Et si le temps était venu de considérer [les animaux] non plus comme des êtres inférieurs mais comme nos concitoyens sur cette terre ?" Elle peut paraître simple, mais la réponse, vertigineuse, nous oblige à repenser toute notre humaine cohabitation avec les bêtes.

Comment ? C’est justement le propos développé par journaliste Aymeric Caron dans "Antispéciste", un essai à paraître le 7 avril (Don Quichotte), végan militant qui jure que l’antispécisme (le refus d’établir une hiérarchie entre humains et animaux) est le "marxisme du XXIe siècle". Même si son propos est infiniment plus étayé, il marche sur les brisées du journaliste (végétarien de cœur, mais pas de fourchette) Franz-Olivier Giesbert, et son "L’Animal est une personne" (Fayard, 2014). Sans oublier l’essayiste Marcela Iacub et sa "Confession d’une mangeuse de viande" (Fayard, 2011) où elle raconte que justement, pourquoi elle ne l’est plus, mangeuse de viande. 

Les philosophes

Vous ne connaissez pas forcément leurs noms et pourtant, ce sont les grands penseurs du végétarisme-véganisme. Dans "La Libération animale" (1975), l’Australien Peter Singer est le premier à examiner sérieusement l’idée d’infliger le moins de souffrances  (physiques et morales) possible à tous les êtres sensibles, humains et animaux. Il est le chef de file du courant dit "conséquentaliste", pour qui les grands principes comptent moins que la souffrance concrètement infligée aux individus.

 

Il fait école chez deux penseurs canadiens, Sue Donaldson et Will Kymlicka, auteurs de "Zoopolis" (2011, encore non-traduit en français) qui imaginent toutes les questions éthiques qu’une cohabitation harmonieuse humains-bêtes poseront.

Plus radicaux, les "abolitionnistes" Tom Regan, auteur des "Droits des animaux" (1983) et Gary Francione, auteur de l’ "Introduction aux droits des animaux" (2000) souhaitent abolir toute forme d’exploitation animale, non par refus de faire souffrir autrui, mais à cause d’un principe qu’il rejette : celui d’utiliser notre humaine intelligence pour utiliser les bêtes, même avec bienveillance. Francione imagine carrément une société où humains et animaux seraient séparés.

Arnaud Gonzague

 

Les quatre livres cultes 

- "La Libération animale" (1975). Cet essai fondateur du véganisme du philosophe australien Peter Singer, chef de file du "conséquentialisme", est focalisé sur l'idée d'infliger le moins de souffrances possible aux êtres, qu'ils soient humains ou animaux. 

- "Les Droits des animaux" (1983). Maître du courant "déontologiste", l'Américain Tom Regan va plus loin que Singer en souhaitant abolir toute exploitation animale. Il reconnaît cependant à l'humain des spécificités qu'on ne trouve pas chez les bêtes. 

- "Introduction aux droits des animaux" (2000). Bréviaire du courant "abolitionniste", l'ouvrage de l'Américain Gary Francione est le plus radical du véganisme, puisqu'il refuse toute forme de distinction entre humains et animaux

- "Zoopolis" (2011). Pas encore traduit, cet essai des Canadiens Sue Donaldson et Will Kymlicka imagine une société de cohabitation pacifique entre humains et bêtes, et toutes les questions éthiques que celle-ci posera.
A.G.

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 10:29

Dans cette vidéo, Matthieu RIcard résume son livre "Plaidoyer pour les animaux", dans son soutient pour le film "My Life's a Cage"http://www.mylifesacage.com/

Merci de partager ce lien :

 

https://www.youtube.com/watch?v=oNVSae6lvgA

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 10:05

Je vous transmets cet excellent article très documenté et plein d'arguments pour répondre à ceux qui critiquent le végétarisme. Merci de le diffuser largement.

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Ce chiffre donne le vertige : plus de 110 000 agneaux sont éliminés afin de célébrer Pâques, en France*. Mais le langage a ses pudeurs ; sans vraiment y penser, nous appelons « viande » ceux que très peu d'entre nous seraient capables de mettre à mort lorsqu'ils étaient, quelques minutes avant de devenir des « produits carnés », des êtres doués de sensibilité, de mémoire et d'affects. Renan Larue, professeur à l'Université de Californie, à Santa Barbara, est notamment l'auteur de l'essai Le végétarisme et ses ennemis (éditions PUF). Et si, de l'Antiquité à demain, nous tendions l'oreille à ces voix qui, comme Plutarque ou Tolstoï, refusaient de se nourrir aux dépens des (autres) espèces animales ?

Une « trahison de la communauté humaine » : c'est ainsi que la philosophe Élisabeth de Fontenay évoque la manière dont sont le plus souvent perçus les végétariens. Comment expliquer que ce qui permet aux humains de faire « corps » soit la mise à mal des autres espèces ?

Avant de proposer une réponse (il en existe probablement beaucoup), il me semble utile de rappeler que la violence contre les animaux touche souvent de bien près à la violence contre les êtres humains — et que, par conséquent, nous serions probablement plus philanthropes si nous nous montrions plus compatissants à l’endroit des animaux¹. L’humanité ne fait donc pas « corps » en maltraitant les chevaux, les moutons ou les poules, même si elle a souvent le sentiment, il est vrai, d’élever l’humain à chaque fois qu’elle abaisse la bête. D’où vient ce sentiment ? Je dirais que nous vivons dans une société très largement façonnée par l’humanisme chrétien. Dans les premiers siècles de notre ère, les Pères de l’Église ont insisté sur l’unité et la grandeur du genre humain : Dieu, qui nous a sacrifié son fils, s’adresse d’ailleurs à l’humanité tout entière alors qu’il s’adressait auparavant seulement, ou plutôt surtout, au peuple élu. Une manière très claire, très facile, de montrer la solidarité du genre humain est de marquer du mépris envers tout ce qui n’est pas nous — c’est-à-dire d’abord les animaux. Cela est très net chez saint Paul, et même dans les Évangiles. Avec les débuts du christianisme, l’exigence de douceur envers les animaux disparaît purement et simplement. Je ferais remarquer autre chose : quelques siècles avant la venue du Christ, les philosophes stoïciens vantaient eux aussi la fraternité humaine. Ces philosophes qui mettaient en cause les fondements de l’esclavagisme se montraient particulièrement insensibles au sort des animaux. Pour les stoïciens comme pour les chrétiens, il semblait nécessaire de nous éloigner d’eux pour marquer notre singularité et notre solidarité. La belle idée de fraternité humaine avait un pendant spéciste [idéologie prônant la suprématie d'une espèce sur d'autres, ndlr]. L’humanisme stoïco-chrétien s’est traduit dans les œuvres philosophiques modernes, que l’on étudie au lycée et à l’université. La grande majorité des auteurs qui sont lus et célébrés (Descartes, Kant, Marx, Heidegger, Sartre) font de l’animalité un contre-modèle de l’humain. Florence Burgat a très bien montré cela : l’animal, dans les manuels de philosophie de classes terminales, par exemple, ne sert qu’à exalter les « propres de l’homme ». À moins de se tenir au courant des travaux des éthologues, de lire les philosophes anglosaxons contemporains (qui sont d’ailleurs magnifiquement boudés en France) ou de remettre en cause ce qu’on a appris à l’école, il est fort tentant de faire des défenseurs des animaux des hurluberlus et des misanthropes.

 

 

Vous utilisez, avec d'autres, le terme « carnisme » (en référence au régime carné). Le « isme » renvoie évidemment à une idéologie, au même titre que « machisme », « racisme » ou « capitalisme ». Le « carnisme » paraît pourtant, à première vue, sans mot d'ordre ni parti, doctrine ni grands leaders : en quoi est-ce une vision idéologique du monde ?

« Légitimer la violence que l’on fait subir aux animaux, endormir notre mauvaise conscience, trouver de bonnes excuses à nos mauvais penchants. »

Vous avez raison : il ne semble pas y avoir aujourd’hui de leaders carnistes, de mots d’ordre ni de doctrine carnistes. Mais cela ne veut pas dire que le carnisme n’existe pas. Rappelons tout d’abord que le carnisme est l’idéologie qui vise à justifier la violence que l’on fait subir aux animaux que l’on pêche, chasse ou élève. Nous avons commencé par manger de la viande par absolue nécessité, puis la nécessité s’est doucement mêlée au plaisir et même au caprice. Aussi loin que l’on remonte dans l’Histoire, il s’est toutefois trouvé des hommes et des femmes qui ont éprouvé un malaise à voir torturer et tuer des animaux. Il y a donc bien en nous, du moins en beaucoup d’entre nous, une répugnance à leur faire du mal. C’est cette répugnance qu’il fallait surmonter intellectuellement pour continuer à manger de la viande. Les prêtres et les philosophes se sont très tôt chargés de cette besogne (la plupart d’entre eux continuent d’ailleurs à le faire). La mise à mort des animaux n’est pas un crime, apprenaient les uns, puisque les dieux la réclament ; il n’y a pas d’injustice à tuer les êtres dépourvus de logos [raison, discours, en grec, ndlr], enseignaient les autres. Et d’ailleurs, déclaraient-ils en chœur, l’univers tout entier a été créé pour l’espèce humaine : les animaux ne sont que des moyens pour nos fins. Ces entreprises de justification rétrospective de la consommation de viande ont pris plusieurs formes au cours de l’Histoire, mais elles visaient toutes un seul et unique but : légitimer la violence que l’on fait subir aux animaux, endormir notre mauvaise conscience, trouver de bonnes excuses à nos mauvais penchants. S’il ne semble pas y avoir de leaders carnistes ou de mot d’ordre carniste, c’est parce que nous avons tous intérêt à considérer qu’il est parfaitement légitime de manger des chairs animales. Je dis « semble ne pas y avoir » parce qu’en réalité, les pouvoirs publics et les grands groupes agro-alimentaires nous rabâchent sempiternellement qu’il est « normal, naturel et nécessaire », comme dirait Melanie Joy, de manger de la viande, beaucoup de viande, des laitages, beaucoup de laitages, pour être en bonne santé. Comme plus personne ne lit les philosophes ni ne va à l’Église, du moins en Europe, ce sont eux qu’on pourrait qualifier aujourd’hui de champions du carnisme.

 

Vous vous attachez en effet à rappeler qu'il y a toujours eu des opposants à la mise à mort des animaux à des fins alimentaires. Prenons Plutarque, qui se demandait comment il était possible que l'homme puisse porter à « sa bouche une chair meurtrie ». En quoi son apport est-il « original », pour reprendre votre mot ?

Plutarque fait en effet partie de ces nombreux philosophes de l’Antiquité qui ont prêché l’abstinence de viande. Alors qu’il est encore tout jeune homme, il écrit deux courts traités que l’on a ensuite rassemblés sous le titre : De esu carnium, c’est-à-dire Sur la consommation de chair. Dans ce texte, Plutarque avance un argument que l’on ne retrouve dans aucun autre texte antique – ce qui ne veut pas dire pour autant que Plutarque soit le premier ou même le seul à l’utiliser. Cet argument consiste à dire que la consommation de viande n’est pas « naturelle », comme le soutiennent bon nombre de philosophes de son temps. Plutarque voit même dans la consommation de pâté ou d’entrecôtes une activité éminemment culturelle. Selon lui, en effet, les êtres humains ont besoin du feu et d’outils — en d’autres termes d’artifices — pour manger les animaux. Les lions et les ours n’ont pas besoin d’armes, de pièges, de couteaux, d’assaisonnements ou de four pour consommer de la viande. Les êtres humains, si. L’argument de Plutarque est donc plutôt un contre-argument, une façon de réfuter l’idée selon laquelle nous sommes par nature des animaux carnivores. Il ajoute que nous serions en outre psychologiquement bien incapables de dévorer des bêtes vivantes comme le font les prédateurs dans la nature. Dès lors que notre régime carné est considéré seulement comme une habitude ou comme un produit de notre Histoire, il peut être examiné moralement et éventuellement remis en cause. C’est un point absolument fondamental.

Vous étudiez également le rapport des religions au végétarisme. Et révélez quelque chose de passionnant : les premiers chrétiens condamnaient les végétariens car ceux-ci mettaient « trop dangereusement en évidence les bornes de la miséricorde de Jésus »...

« Les lions et les ours n’ont pas besoin d’armes, de pièges, de couteaux, d’assaisonnements ou de four pour consommer de la viande. Les êtres humains, si. »

Les premiers siècles de l’Église sont une période de l’Histoire absolument fascinante. La christianisation de l’Empire romain est en outre l’un des phénomènes historiques les plus plus considérables, qui n’a pas seulement bouleversé l’Europe mais aussi, à terme, une grande partie du monde : il y a aujourd’hui 2,5 milliards de chrétiens dans le monde ! Aux origines de cette religion, l’alimentation en général et la consommation de viande en particulier soulèvent des questions théologiques et pratiques considérables. D’abord, parce qu’il s’agit d’abandonner les règles alimentaires juives, ce qui ne se fait pas sans heurts. Ensuite, parce que les premiers chrétiens doivent trouver une justification morale à la violence qu’on inflige aux animaux que l’on mange. Le Christ, comme la plupart des juifs de son temps, mange de la viande et du poisson ; dans les Évangiles, il ne montre jamais de compassion à l’égard des animaux qu’il tue ou fait tuer. Son spécisme apparaît même clairement à de nombreux endroits. Les premiers théologiens chrétiens le présentent pourtant comme un Dieu d’amour, un Dieu infiniment miséricordieux et aimable. Il semble donc exister une opposition manifeste entre d’un côté l’infinie bonté de ce nouveau Dieu qu’on commande d’adorer et de l’autre son carnisme patent. Tout cela est bien embarrassant... Le problème est d’autant plus épineux que plusieurs sectes chrétiennes hérétiques prônent le respect de la vie animale et semblent donc dépasser en moralité ce modèle a priori indépassable qu’est le Christ. Les théologiens catholiques – saint Augustin le premier – n’ont d’autre choix que d’affirmer que le respect des animaux relève de la superstition et qu’il est tout simplement incompatible avec la vraie foi. Les végétariens qui le sont pour des raisons morales se voient alors excommuniés tandis que l’Église encourage à se passer momentanément de viande pour des raisons ascétiques. C’est à cette époque que le carême est instauré. La mise au ban des végétariens éthiques est un épisode peu connu de l’histoire de l’Église, mais il a joué un rôle décisif dans le dénigrement dont les végétariens ont fait et font encore l’objet.

 

 

 

La religion juive serait un peu à part. En quoi ?

Le judaïsme se distingue du christianisme d’abord parce que, à ma connaissance, aucun rabbin n’a jamais condamné la non-violence à l’égard des animaux, ni n’a jamais jugé le mode de vie végane fondamentalement incompatible avec la pratique religieuse. Bien que la viande soit un élément central lors des repas de fêtes, bien que la Torah rende compte du goût de Yahvé pour les viandes grillées et les sacrifices sanglants, bien qu’Il marque sa préférence à Abel, l’éleveur, et non à Caïn, le cultivateur, il existe une mitzva, c’est-à-dire un commandement religieux, qui impose que l’on traite les animaux avec respect. Cette règle est à l’origine de nombreux interdits dans le judaïsme : interdiction de chasser, de castrer un animal, de séparer immédiatement le veau de sa mère, de mutiler une bête avant de l’abattre, de faire travailler les animaux pendant le sabbat, etc. Ce n’est donc pas un hasard, je crois, si c’est en Israël que l’on trouve le plus grand pourcentage de végétariens et de véganes dans le monde (après l’Inde).

 

Vous vous êtes penché de près sur Voltaire – qui estimait qu'il n'y a rien de plus « abominable que de se nourrir continuellement de cadavres ». L'éthique animale a partie liée avec les Lumières, estimez-vous. En quoi ces penseurs contribuèrent-ils à interpeller les hommes ?

Je crois en effet que l’éthique animale, si importante dans l’Antiquité, renaît au siècle des Lumières. Voltaire est l’un de ceux qui se sont intéressés au végétarisme. Il est loin d’être le seul en France : Rousseau, Condorcet, Maupertuis,Bernardin de Saint-PierreMorelly et même Sade envisagent sérieusement les problèmes théologiques, philosophiques et anthropologiques qu’il soulève. Plusieurs philosophes français bien connus, Luc Ferry en tête, s’en prennent violemment au végétarisme et au véganisme au prétexte que leurs tenants fouleraient au pied l’héritage glorieux des Lumières, les droits de l’Homme, etc. Le problème pour Ferry et ses confrères, c’est que les philosophes dont ils se réclament orgueilleusement envisageaient l’extension des droits aux animaux, à tout le moins la restriction des nôtres à leur endroit. Certaines pages de Rousseau, surtout, sont absolument décisives à ce sujet. Voltaire, de son côté, regarde clairement la boucherie comme un sommet de la barbarie et exalte les modèles pythagoriciens et hindous. Les philosophes du XVIIIe siècle nous ont montré la voie de l’antiracisme, de la démocratie, de la laïcité et du féminisme ; nous l’avons suivie — au moins en partie. Ils nous ont aussi montré celle de l’antispécisme. Il nous reste à emprunter ce chemin.

Tolstoï estimait qu'il y avait « assassinat » dès l'instant où l'on tuait un animal pour manger. Une question banale, mais qui revient systématiquement dès qu'il est question de ce sujet (il suffit de lire les premiers commentaires de n'importe quel article de la presse généraliste) : puisque certains animaux en tuent d'autres pour se nourrir, sont-ils coupables ? Et, en voulant sauver les animaux, les hommes ne s'extraient-ils pas eux-même du règne animal en niant leur propre animalité, brisant avec arrogance le « cycle de l'entre-dévoration » ?

« Les philosophes du XVIIIe siècle nous ont montré la voie de l’antiracisme, de la démocratie, de la laïcité et du féminisme ; nous l’avons suivie — au moins en partie. Ils nous ont aussi montré celle de l’antispécisme. Il nous reste à emprunter ce chemin. »

Il y a plusieurs choses dans votre question. La première concerne l’hypothétique culpabilité des prédateurs au sein de la nature. Il me semble tout d’abord qu’il ne peut y avoir culpabilité qu’à partir du moment où il y a responsabilité morale. Personne ne blâme un lion d’avoir mangé une antilope, évidemment, et aucun juge ne condamnerait pénalement un très jeune enfant qui a mis en danger la vie de sa sœur. Seuls les êtres humains et, parmi eux, seuls ceux qui disposent de toutes leurs facultés mentales peuvent être considérés comme des agents moraux, c’est-à-dire des individus tenus responsables de leurs actes. Les animaux sont sans doute capables de plus d’autonomie qu’on ne l’a longtemps pensé, mais absolument personne ne considère aujourd’hui qu’ils peuvent comprendre nos règles morales et leur obéir. Ensuite, les lions dans la savane sont soumis à des impératifs biologiques : ils doivent manger de la viande. Ce n’est pas notre cas. Enfin, vous avez raison, on reproche parfois aux végétariens et véganes de se contredire eux-mêmes car ils « s’extrairaient » du règne animal. En vérité, les véganes voient simplement qu’ils peuvent se passer de tuer volontairement des animaux ; ils constatent en ce sens qu’ils sont « supérieurs » à eux et considèrent qu’il est tout à leur honneur de s’interdire de leur faire du mal. Les philosophes carnistes partent exactement des mêmes prémisses : ils l’emportent en moralité sur les animaux et pourraient ne pas les manger… ce qui leur donnerait le droit de le faire. Il me semble que la véritable contradiction est ici : lorsque l’on dit que notre moralité nous donne le droit d’être immoraux. Personnellement, je suis assez heureux et fier d’appartenir à une catégorie d’êtres capables de s’extraire du cycle de l’entre-dévoration. J’ai l’impression de célébrer mon humanité à chaque fois que j’épargne une bête. Après des millénaires où elle fut la proie des animaux, mon espèce est devenue la reine du monde. Elle se comporte actuellement un tyran sanguinaire alors qu’elle pourrait agir en monarque sage et bienveillant.

 

Un argument fait entendre que la cause animale aurait à voir avec le fascisme, en ce qu'elle nie – à l'instar des nazis – la spécificité propre de l'homme, c'est-à-dire sa sacralité, son unicité. Paul Ariès, dansLibération animale ou nouveaux terroristes ?, n'a pas de mots assez violents contre les militants végétariens : il les accuse de comploter contre l'humanité et de produire un nouveau totalitarisme. Comment comprendre cette levée de boucliers ?

Oui, Paul Ariès a en effet des mots très durs à l’encontre des philosophes anglo-saxons qui se sont penchés sur la question animale. La première raison de son hostilité, je pense, est sa méconnaissance d’un champ de recherche – l’éthique animale – extraordinairement fécond depuis quelques années. La deuxième raison est purement rhétorique : traiter de nazis ceux avec qui on est en désaccord permet parfois de remporter une joute oratoire ou un débat d’idées. On a eu beaucoup recours à cette technique dans les dernières décennies ; le procédé me semble aujourd’hui quelque peu passé de mode et usé. La troisième raison de l’hostilité de Paul Ariès à l’égard du véganisme est plus profonde et plus intéressante ; elle repose sur son attachement aux valeurs humanistes, ou plutôt à la vision du monde humaniste que nous a léguée l’Église. Cette position est fondamentalement métaphysique : elle implique que l’espèce humaine soit une espèce élue par la divinité, ou tout du moins bénéficierait d’une essence singulière au sein de la Création. Les tenants de cette vision du monde ont été largement tournés en ridicule au siècle des Lumières ; il semble aujourd’hui bien puéril de croire en effet que l’univers tout entier ait davantage été fait pour lesHomo sapiens que pour les baleines, les crocodiles ou les poux. Il me semble que nous méritons mieux que ces rêveries métaphysiques qui flattent certes notre vanité, mais justifient chaque année le martyre de milliards d’animaux et mettent gravement en péril le monde qui nous entoure et les générations qui nous suivront. Nous ne sommes pas le centre du monde, notre domination sur les autres espèces n’est pas innée mais acquise, la nature n’est pas un réservoir que l’on peut vider pour satisfaire nos caprices. L’humanisme met aujourd’hui clairement en péril l’espèce humaine. Il faut le dépasser.

Cette critique de l'humanisme n'est pas souvent admise : on accuse les antispécistes de mépriser les hommes. Pourquoi refuser à l'homme le trône qu'il s'est lui-même construit impliquerait-il de le haïr ?

« La nature n’est pas un réservoir que l’on peut vider pour satisfaire nos caprices. L’humanisme met aujourd’hui clairement en péril l’espèce humaine. Il faut le dépasser. »

Personnellement, je vois dans l’antispécisme et le véganisme des marques de grandeur, et non de renoncement. Nous pouvons être légitimement fiers de notre espèce quand on songe aux prouesses techniques, scientifiques et artistiques qu’elle a accomplies en l’espace de quelques dizaines de millénaires. Tout cela a de quoi nous rendre éperdument orgueilleux. Mais nous sommes aussi les auteurs d’actes abominables et probablement irréversibles. Certains antispécistes et écologistes développent pour cette raison une forme de misanthropie, ou plutôt d’aigreur à l’égard du genre humain. Je crois qu’il s’agit surtout de l’expression d’un très violent malaise suscité par la destruction de la nature et par le sort effroyable que nous réservons quotidiennement à des milliards de bêtes. Et nous commettons ces crimes contre les animaux et contre les générations futures, essentiellement parce qu’on ne parvient pas à se passer de fromage ou de viande ! C’est absolument insensé ! Cette incompréhension nourrit le ressentiment de quelques-uns de nos contemporains. Cela dit, je le répète, il me semble que la colère de quelques défenseurs de la nature et des animaux ne se tournent pas contre l’humanité en tant que telle, mais contre son œuvre de destruction. Si on adopte une perspective historique, on remarquera par ailleurs que l’humanisme a en fait commencé à vaciller avec le constat que la Terre (et par conséquent notre espèce) n’étaient pas au centre de l’univers. Ensuite, le darwinisme et la déchristianisation ont simultanément porté de terribles coups à notre orgueil : nous n’étions plus à l’évidence les favoris de la Providence et de la nature. Depuis quelques décennies, quelques siècles tout au plus, nous sommes assis sur le trône laissé vacant par Dieu. Alors que nous prenons conscience de notre immense responsabilité, nous constatons aussi, affolés, nos plus pitoyables errements.

 

Il existe une forte tendance apolitique au sein de certaines franges du mouvement de défense animale et/ou végétarien/vegan. Ne faudrait-il pas, par-delà les apparents « bons sentiments » (Spinoza parlait, avec grand mépris, de leur « pitié de femme »), politiser davantage cette question et l'articuler aux enjeux économiques et écologiques portés par les courants d'émancipation sociale ?

Le véganisme est un mouvement philosophique, au sens que la philosophie avait à l’origine : une manière de vivre en conformité avec ce qu’on juge devoir faire. Mais il est aussi un mouvement politique — même si, en effet, beaucoup de véganes ne revendiquent pas une appartenance politique particulière ; même si, surtout, aucun parti ne prône le véganisme en France (ce qui n’est pas le cas aux Pays-Bas, par exemple). En outre, les partis écologiques français ne s’intéressent nullement aux dégâts provoqués par la consommation de produits carnés (et, de toute façon, ne parlent pas ou plus beaucoup d’écologie). À quelques – rares – exceptions près. Je dirais, du reste, qu’il existe d’autres manières de faire de la politique que de s’inscrire dans un parti ou dans un syndicat. Boycotter les produits de la pêche et de l’élevage me paraît être une bonne manière d’agir politiquement, une manière simple, non-violente et particulièrement efficace à long terme. En ce qui concerne les liens entre le véganisme et les autres mouvements de justice sociale, je ferais remarquer qu’aux États-Unis, au Canada et dans d’autres pays, certains véganes s’efforcent de démontrer que le véganisme est non pas seulement compatible avec les valeurs de gauche, mais encore totalement indissociable d’elles. Les partisans de ce qu’on appelle l’« intersectionnalité » soulignent que toutes les oppressions dont sont victimes les êtres humains (les classes ouvrières, les femmes, les immigrés, les personnes de couleur, les homosexuels, les personnes handicapées) ne devraient pas être fondamentalement distinguées de l’oppression dont souffrent les animaux. Les mêmes mécanismes, les mêmes tentatives de justification seraient à l’œuvre à chaque fois qu’on exploite, tue, humilie un être qui n’est pas du bon genre, de la bonne couleur, de la bonne espèce, etc. Les militants animalistes sont toutefois considérés encore avec méfiance par les penseurs et activistes de gauche parce que ces derniers ont défendu et défendent encore les droits des minorités au nom précisément de leur appartenance à l’espèce humaine. Ces minorités devraient bénéficier en conséquence des mêmes égards et surtout des mêmes droits que les Blancs, les hommes, les hétérosexuels, etc. Ces débats actuels sont extrêmement intéressants.

Vous envisagez assez tranquillement la possibilité d'un monde qui aurait tourné la page du carnisme, comme elle l'a fait du cannibalisme. Ce serait une question de processus, d'évolution éthique logique. L'association L214 a révélé un nouveau cas de « maltraitance gratuite » dans les abattoirs : des millions de gens sont scandalisés mais ne semblent pas effectuer le lien entre ces images, leurs assiettes et l'affection qu'ils portent à leur chien. Comment comptez-vous les convaincre, pour accélérer l'évolution que vous appelez de vos vœux, que tout ceci est connecté ?

« Va-t-on reboiser nos campagnes, elles qui ressemblent aujourd’hui de plus en plus à des déserts depuis qu’on y a abattu les haies et semé partout la même chose ? »

Je suis optimiste. Nous parviendrons à dépasser le carnisme comme nous sommes parvenus à ébranler le racisme et le sexisme. Je crois sincèrement que, dans quelques décennies, nous regarderons l’élevage, la pêche, les zoos et les centres d’expérimentation animale comme des abominations, des vestiges d’un monde heureusement révolu. Ce sera un des plus grands bouleversements de l’Histoire, un bond de géant pour l’humanité. Cette perspective est enthousiasmante et même vertigineuse ; j’espère pouvoir assister à la fin de l’exploitation animale de mon vivant, comme j’aimerais voir la fin du sexisme et du racisme. Vous avez raison : la plupart des gens aiment leurs animaux de compagnie, sont profondément touchés lorsqu’ils visionnent des images d’abattoir, mais ne cessent pas pour autant de soutenir l’industrie de la viande, des œufs et du lait en achetant ses produits. C’est un phénomène sur lequel se penchent de plus en plus de psychologues… J’ai lu récemment un sondage qui montrait que la proportion de végétariens/véganes augmentait en France régulièrement mais plutôt doucement ; en revanche, le nombre de personnes envisageant de se passer de viande s’est accru considérablement depuis quelques années². C’est un signe extrêmement positif. Les industriels ne pourront que s’adapter à cette nouvelle demande et la favoriseront en proposant de plus en plus de substituts à base végétale. Une plus grande disponibilité de ces produits dans les épiceries ou les supermarchés aidera les gens à devenir et rester véganes et contribuera à banaliser leur régime.

Il sera alors de plus en plus difficile de justifier la production et la consommation de viande, d’œufs et de laitages dont les conséquences sont dramatiques pour l’environnement et pour les animaux. Enfin, les méfaits de la consommation de produits d’origine animale ne pourront plus être cachés comme ils le sont actuellement. Je m’attends à de gros changements dans les recommandations de l’Institut national de prévention et d'éducation à la santé (INPES), par exemple : il est invraisemblable que l’on force presque littéralement les enfants à manger du fromage et de la viande chaque jour dans les écoles. Cela va causer un grand émoi et de vifs débats, mais la question des bienfaits des nourritures d’origine animale se posera très sérieusement dans quelques années — en France comme ailleurs. J’ai le sentiment que les nourritures végétaliennes devraient peu à peu remplacer les produits allergènes et cancérigènes que l’on sert aujourd’hui aux enfants dans les cantines. Dans les campagnes, le bouleversement sera considérable car la grande majorité des terres sont aujourd’hui cultivées pour produire du fourrage. Que se passera-t-il ? Va-t-on reboiser nos campagnes, elles qui ressemblent aujourd’hui de plus en plus à des déserts depuis qu’on y a abattu les haies et semé partout la même chose ? Va-t-on généraliser l’agriculture durable au détriment d’un modèle productiviste qui épuise la terre et souille les cours d’eau ? Je n’en sais rien, mais ce que je sais, c’est que l’état de nos campagnes ne pourra que s’améliorer. Dans les villes, le passage de l’omnivorisme au véganisme sera quant à lui presque imperceptible : les boucheries et les poissoneries disparaîtront progressivement au profit d’autres commerces. Il existe déjà bien à Paris des « boucheries végétariennes » ! Les rayons « fromagerie » de nos supermarchés accueilleront de produits à base de graines et de noix. La cuisine végane fait d’immenses progrès. La France deviendra peut-être le grand pays du fromage végétal. Qui sait ?


 

 

 

* Chiffres de l’OABA concernant les abattages en France, avril 2015.
1. Ceci est d’ailleurs confirmé par plusieurs études en psychologie menées par exemple par Massimo Filippi : les végétariens et les véganes sont statistiquement plus empathiques envers les animaux et les humains que les carnistes.
2. Terraeco, mars 2016, p. 46.


  • REBONDS

☰ Lire notre entretien avec Ronnie Lee : « Mettre un terme à l'exploitation animale », janvier 2016
☰ Lire notre entretien avec L214 : « Les animaux ? C'est une lutte politique », novembre 2015
☰ Lire notre entretien avec Aurélien Barrau : « Le combat animalier est frère des combats d'émancipation et de libération », septembre 2015
☰ Lire notre entretien avec Normand Baillargeon : « Le statut moral des animaux est impossible à ignorer », septembre 2014

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 10:49

www.ecologie-radicale.org

La lettre de Gérard CHAROLLOIS le dimanche 3 avril 2016

Tél. 06 76 99 84 65

 

 

Chers(e( amis(e du comité de soutien,

 

A l’heure où fleurissent les candidatures plus ou moins écologistes, à l’élection présidentielle à venir, je dois exprimer notre détermination irréductible à porter la voix du biocentrisme et à constituer, avec tous ceux qui le veulent, une force pour le vivant.

 

Nous irons à cette bataille, dans le cadre d’une éventuelle primaire de l’écologie. A défaut d’une primaire, afin d’illustrer des propositions claires, concrètes, loyalement assumées dont vous trouverez  les priorités, ci-dessous, dans le domaine de la protection animale, nous assumerons une présence écologiste et, en toute hypothèse construirons un instrument politique promouvant nos valeurs.

J’aborderai, dans les prochains éditoriaux, les priorités quant à la sauvegarde des espaces naturels, puis, des mesures  dans l’ordre économique et social.

Seule, la candidature éventuelle de Nicolas HULOT, en l’état de la situation du pays, justifierait l’abstention de ma candidature et non l'abstention de créer un outil politique au service du vivant.

Par-delà les péripéties de la préparation de la présidentielle de l’an prochain, je vous invite à constituer, dans les mois à venir, une force pour le vivant qui portera, en politique, les valeurs et l’éthique qui sont les nôtres.

Le 8 octobre prochain, à PARIS, nous réunirons, sans exclusion aucune, tous ceux qui veulent agir pour l’arbre, l’animal et l’homme et construire ce rassemblement.

En aucun cas, nous devons ajouter à la cacophonie actuelle des partis, courants, sous-courants qui stérilisent l’écologie politique.

Il faut appeler tous ceux qui de bonne foi, oubliant les démesures d’égos, servent la cause du  vivant.

Deux constats s’imposent :

Depuis des décennies, en France, malgré l’accession au gouvernement d’individus issus d’un parti écologiste, la cause animale et la protection de la nature ne bénéficient que d’avancées marginales, souvent arrachées au pouvoir politique, à coups de procédures juridictionnelles.

Les lobbies de la mort et de l’exploitation font la loi et nous ne devons quelques limitations de la chasse aux oiseaux migrateurs ou des améliorations insuffisantes des conditions de l’élevage, qu’à des conventions internationales et des directives de l’Union Européenne.

 

 

Autre fait indéniable :

L’écologie politique ne cesse de s’effondrer dans les élections et dans les sondages annonçant de futures intentions de votes dérisoires.

Les causes sont multiples, mais tiennent d’abord à l’ambiguïté du positionnement et à l’évidence des querelles d’ambitions strictement personnelles, sans enjeu éthique.

Or, un engagement ne vaut que s’il sert un puissant dessein.

Il n’y aura de changements que si nous parvenons à créer un rapport de  force politique.

Ce défi n’est point individuel.

Je ne comble aucune carence narcissique, ni aucun besoin de carrière, en menant ce combat.

Cette force pour le vivant, que nous allons construire, est  votre instrument pour faire gagner ce que nous aimons et faire reculer la barbarie des terroristes qui massacrent notre faune, torturent les animaux d’élevage, chosifient des êtres sensibles.

Ne les laissons plus faire et ne faisons pas semblant de ne pas savoir, par pure lâcheté, par démagogie politicienne, par inconsistance morale.

L’éthique du respect du vivant et de l’amour de la nature nous habite.

Nous proclamons notre condamnation de la mort loisir et de lamort spectacle.

Nous refusons l’aseptisation de la biosphère et son asservissement à la cupidité et à la cruauté humaines.

Et puis, il y a, en politique, ce qu’il faut réaliser immédiatement, dans le délai de six mois d’une participation à une majorité et un gouvernement de coalition.

Il y a ce qui est non négociable et doit constituer un préalable à une entente avec d’autres formations politiques d’avancées et de conquêtes d’un mieux vivre.

Je listerai ces points qui ne parachèvent pas  la société de nos vœux, mais qui représentent de vrais et solides acquis sur la voie d’une réconciliation de l’humain avec le vivant.

 

 

 Voici quelques mesures concrètes que nous devons exiger, dans le cadre d’un partenariat politique, mesures en faveur des animaux, appliquées dans les six mois de notre participation au pouvoir :

 

 

--- 1°  Abolition de la corrida ;

 

---- 2°. suppression de la chasse à courre et de la vénerie sous terre ;

 

---- 3°. Interdiction du piégeage et protection des espèces animales abusivement classées « nuisibles » ou « à problème » par les chasseurs : carnivores sauvages et corvidés ;

 

---- 4°.    Interdiction des abattages sans étourdissement préalable ;

 

.-----  

Etablissements de normes d’élevages conformes aux exigences physiologiques et éthologiques des animaux ;

 

---- 6° . Installations de caméras dans les centres d’abattages d’animaux, pour, d’une part, prévenir les actes de torture, d’autre part, sensibiliser et informer le public surla réalité de l’abattage ;

 

----  7°.  Prohibition de l’utilisation d’animaux dans les cirques et spectacles ;

 

----  8°.  Limitations des distances de transports d’animaux avant leur abattage ;

 

-----  9°.  Création d’un secrétariat d’état chargé de la protection animale et de la préservation de la nature ;

 

Cette liste, non exhaustive, sera complétée et affinée collégialement, pour répondre aux aspirations des militants de la cause animale.

La plupart de ces mesures, excepté l’abolition de la corrida, nécessitant le vote d’une loi, relèvent du pouvoir règlementaire.

Merci pour votre soutien, votre ardente mobilisation.

 

 

Note :

Deux revues, chez votre distributeur de presse, publient des articles exposant mon éthique et mon programme :

----  NEXUS, de mars 2016 ;

---   Magazine SOCIETY du premier au 14 avril.

A lire.

           Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ecologie ethique et radicale

Pour le respect des ÊTRES VIVANTS ET DES  EQUILIBRES NATURELS.

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