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  • : Le blog de le journal de campagne de KIKI DU 78
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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 11:02
Ferme des 1000 veaux c'est samedi !‏
Cher(e)s ami(e)s,
 
Dernière ligne droite avant notre grande manifestation de samedi prochain contre la Ferme des 1000 veaux à La Courtine ! RDV à 13h30, Place du 19 mars 1962, 23100 La Courtine.
 
Nous vous invitons à' amener vos propres visuels car nous ne pouvons pas en prévoir pour les manifestants. Attention, aucun visuel à caractère raciste ou antireligieux ne sera toléré, ni bannière politique.

Si certains d'entre vous jouent du djembé ou du tambour, nous cherchons 5 personnes pour la tête de cortège. Si cela vous intéresse, n'hésitez pas à nous contacter par email.
 
Pour ceux qui le souhaitent, ils seraient bien que de nombreux manifestants se maquillent le visage aux couleurs de l'OEDA:https://www.facebook.com/collectif.oeda/photos/a.365344086960108.1073741829.359484534212730/407580809403102/?type=1
 
Le Conseil Régional doit délibérer dans 3 jours pour l'attribution d'une éventuelle subvention à la Ferme des 1000 veaux, nous vous invitons à écrire de nouveau aux élus:http://www.regionlimousin.fr/elus
 
Lettre type:

"En tant que citoyen et contribuable, je souhaite exprimer mon opposition au projet de centre d'engraissement des 1000 veaux, à St Martial le Vieux, en Creuse. Je demande qu'aucune subvention ne soit allouée à la SAS Alliance Millevaches. Ce projet est une aberration tant sur le plan écologique que du bien être animal.
Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'aggréer, Madame/ Monsieur, mes salutations les meilleures."
 
Pour soutenir notre campagne par un don: http://www.collectif-oeda.fr/texte/dons.html
 
Soyez nombreux à nous rejoindre samedi à La Courtine !
 

Amitiés dans la lutte,



Aurore LENOIR
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 10:48

En ces périodes de " Fêtes " ... j'adresse ce message à tous ceux qui ont l'intention de mettre des cadavres sur leurs tables si "joliment décorées" ..., à tous les hypocrites qui ne veulent pas savoir et qui préfèrent continuer à consommer sans aucun état d'âme.

Attention, les images sont difficiles !






CHAQUE PERSONNE AU MONDE DEVRAIT VOIR CETTE VIDÉO...... DIFFUSEZ LA LARGEMENT... (attention images dures)



TERRIENS (Earthlings) Narration par Maxime Ginolin

"Terriens", véritable film coup de poing sur la manière dont les humains traitent les animaux. Le narrateur est Maxime Ginolin,

youtube.com

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 10:24
Noël approche : voilà des idées qui aident les animaux.
Noël approche : voilà des idées qui aident les animaux.
Noël approche : voilà des idées qui aident les animaux.

De nouvelles références ont fait leur entrée dans la boutique.

Pensez à commander avant le 16 décembre afin d'être sûr d'être livré avant Noël.

→ D'autres boutiques respectueuses des animaux

Préparer ses repas de fêtes

Menu de Noël : une sélection L214

Noël approche : voilà des idées qui aident les animaux.

Toute l'équipe de L214 vous souhaite de chaleureuses et paisibles fêtes de fin d'année.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 11:46

( appel : manifestons, le samedi 13 décembre, à 14 heures,place DU BELLAY, PARIS, contre la torture tauromachique et contre la répression à l’encontre de nos militants poursuivis injustement pour délit d’opinion).

www.ecologie-radicale.org

La lettre de Gérard CHAROLLOIS le dimanche 7 décembre 2014

TEL 06 76 99 84 65

Quand l’humain s’abaisse au-dessous de la condition animale.

Les données de la science contemporaine, le trop lent raffinement des mœurs, les progrès de l’éducation déterminent une approche nouvelle des animaux considérés comme des êtres sensibles.

Même des politiciens ringards et méprisants pour un peuple qu’ils confondent souvent avec la lie, adoptent des lois reconnaissant ce caractère sensible, simple évidence.

Mais, cela n’empêche, ni les élevages concentrationnaires soumettant les animaux à des conditions de vie contraires à leurs exigences biologiques et éthologiques, ni l’expérimentation scientifique qui doit tant de découvertes aux supplices d’animaux rangés au niveau de « matériel expérimental », recherche désormais en mesure de se passer de manipulations douloureuses et létales.

Par cupidité ou pour assouvir son besoin d’élucidation du monde, l’humain nie encore le fait que tout animal participe de cette vaste unité du vivant appelant une solidarité fraternelle.

Gagner de l’argent au détriment de la vie et au prix de la souffrance d’êtres sensibles ou vaincre des pathologies en sacrifiant nos infortunés compagnons de planète ne justifient nullement notre mépris de leur agonie.

Mais, une étape supplémentaire dans l’abjection est franchie lorsque s’abaisssant au-dessous de sa condition, l’humain maltraite, tue, tourmente un être sensible sans autre but que son plaisir, pour jouir de la souffrance qu’il inflige, pour s’amuser de la mort dont il fait un loisir ou un spectacle.

Ici, plus d’alibis économiques, sociaux ou de conquêtes du savoir .

L’humain se montre dans ce qu’il y a de pire : sa cruauté sans limite qu’il exerce gratuitement sur la bête, en attendant de pouvoir l’appliquer à d’autres hommes qu’ils qualifiera d’ennemis.

La chasse et la tauromachie sont, en ce pays, des tares révélant que le processus d’hominisation n’est pas parachevé.

Bien sûr, les thuriféraires de la mort abritent derrière le paravent des impostures leurs crimes hideux.

La chasse « régule le redoutable et proliférant sanglier ».

En fait, après extermination de la petite faune, le chasseur élève des sangliers en milieu ouvert pour assouvir sa pulsion de tuer. Le cochonglier n’épuise pas son goût de la prédation. Le chasseur massacre le canard, le faisan d’élevage, la grive migratrice, et même le tétras, la bécasse, le merle noir, le chamois et ainsi 90 espèces animales.

Or, l’animal chassé est bien souvent cruellement blessé et souffre avant de devenir cadavre.

La torture tauromachique inflige à un herbivore d’horribles blessures, conçues pour occasionner le maximum de douleurs. Muscles déchirés, os brisés, poumons perforés, pointes métalliques enfoncées dans le dos et le cou du taureau accompagnent son supplice d’une vingtaine de minutes avant que surviennent la délivrance du néant.

Qu’ils sont pitoyables ces littérateurs creux et snobinards lorsqu’ils dissertent sur le sens du combat de la civilisation avec la sauvagerie, sur la prévalence de l’homme qui triomphe de la bête et côtoie l’idée de la mort inéluctable et magnifiée.

Une corrida ne sera jamais, par-delà la fumée de leur phraséologie grotesque, qu’une séance de torture pour foule malsaine, brutale, sanguinaire et bien inquiétante.

La chasse, rituel guerrier, selon les propos des nostalgiques du fascisme, et la torture tauromachique, exaltation de « viva la muerte », cri franquiste, dégradent l’humain tout autant qu’elles tourmentent l’animal.

Il existe bien des animaux prédateurs parce que carnivores, condamnés à consommer d’autres animaux.

Mais aucun animal ne fera de la souffrance qu’il provoque une source de jouissance.

Chasse, tauromachie et autres jeux thanatophiles jettent sur notre espèce une ombre bien noire.

Malgré ses performances cognitives tellement supérieures à celles des autres espèces, l’humain reste l’animal pervers par excellence.

Nos semblables comprendront-ils bientôt qu’en torturant, maltraitant, tuant, insultant la vie, ils s’abaissent bien au-dessous de la condition animale ?

Ce sujet de réflexions est tabou dans les médias sous contrôle.

« Il y a tellement de grands problèmes et de misères humaines que le sort des bêtes ne saurait intéresser sérieusement » !

Ces médias entretiennent un obscurantisme nocif en refusant d’admettre cette évidence tenant à une communauté de destins.

La société de Marché inflige à l’humain ce qu’elle prodigue à l’animal à des degrés et sous des formes différentes, mais dans une identité de nature.

La société de Marché, fondamentalement thanatophile, SE fonde sur la domination, la concurrence, la compétition, en un mot l’écrasement de l’autre et l’anéantissement de la nature.

Opposer le sort des animaux et celui des humains n’est qu’une ruse des exploiteurs que nous devons démasquer.

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE

POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 11:17

La belle arnaque du Téléthon

Où va votre argent ?

A des labos qui prétendent faire avancer la recherche en torturant longuement des chiens, des chats et des singes spécialement importés, alors qu’on sait que les résultats sur un animal ne veulent rien dire pour l’humain, alors qu’on peut aujourd’hui expérimenter sur des cellules-souches, à moindres frais et sans torture.


l'expérimentation animale est cruelle et inutile, car les résultats des tests sur les animaux ne peuvent être extrapolés à l'homme. Derrière les bons sentiments et la générosité, il y a une insoutenable cruauté et des souffrances inadmissibles et inutiles pour des milliers d'animaux, torturés encore et encore, laissés sans soins et sans contact.

Si vous voulez donner de l'argent, faites un don à une organisation comme Antidote Europe


http://antidote-europe.org/

la cruauté à l'état pur, voilà ce que subissent des êtres vivants sensibles au nom d'une pseudo science!

Extrait d’une interview de Jacques TESTART, Directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)

Le téléthon célèbre chaque année les progrès de la génétique, ses possibles performances curatives. Qu’en pensez-vous ?

" C’est scandaleux. Le Téléthon rapporte chaque année autant que le budget de fonctionnement de l’Inserm tout entier. Les gens croient qu’ils donnent de l’argent pour soigner. Or la thérapie génique n’est pas efficace."

L'argent sert à financer des publications scientifiques, voire la prise de brevets par quelques entreprises… ET également DES ELEVAGES D'ANIMAUX POUR LES LABOS!

lisez ici ce reportage sur les chiens qu'ils font naître génétiquement modifiés myopathes à Mézilles, élevage de la honte! terrible! ils meurent dans des souffrances horribles et sont alimentés par sonde, ne peuvent pas marcher!

ces labos sont des monstres!

http://rue89.nouvelobs.com/2013/12/03/experimentation-animale-les-chiens-myopathes-cobayes-face-cachee-telethon-248080

SOURCE :


http://archedenoelle.over-blog.com/2014/11/si-vous-donnez-au-telethon-vous-financez-l-experimentation-animale.html

Et puis voici quelques infos intéressantes :

http://le-libre-penseur.skyrock.com/3129658204-L-arnaque-Telethon-et-naivete-des-tele-cons.html

Des bonnes nouvelles, ça fait toujours plaisir : certains membres de l'Association Française contre les Myopathies ne crèvent pas de faim ! C'est toujours ça...

Mais pour que tout l'argent aille aux malades, vous pouvez toujours courir... (pour le Téléthon

Rapides calculs sur la rémunération brut de quelques membres de l'AFM:

Rémunération de la présidente : 69 880€/an

Rémunération des 3 plus hauts cadres : 105 245€/an (8 751€/mois)

Info complémentaire : moyenne du salaire mensuel brut des 10 plus haut dirigeants (en 2008) : 7 578€/mois, multiplié par 10 personnes, multiplié par 12 mois, ben ça nous fait 909 360€.

Donc le chèque 907 0006 que OF à remis début décembre 2009 n'aura même pas suffit à payer les 10 plus gros salaires de quelques cadres de l'AFM.

Pour les 552 salariés (en 2007), on a une moyenne de 2996€ brut mensuel, et si on refait la multiplication, c'est donc bien 19 846 000€ qu'il aura fallu uniquement pour payer les salariés de l'AFM.

C'est quand même plus de 20 0/0 de l'agent des donateurs engrangés pendant le premier week-end de décembre, où des smicards se démènent pour valoriser en quelques euros collectés les activités qu'ils organisent, et où d'autres s'apitoient devant les 30 heures de téloche que France Télévision facture 1 500 000 € à l'AFM

Pour autant, le reste ne va même pas intégralement à la recherche contre les maladies, ce serait trop beau.

Tous ces chiffres sont évoqués dans l'ouvrage mentionné ci-dessous, et disponibles pour tout quidam qui se donne la peine de vérifier dans les rapports consultables sur le site internet de l'AFM.

A vot' bon cœur.

Un agent eDF qui arrête de courir.

Source : http://actionsantelibertes.blogspirit.com/media/00/01/4080682266.pdf

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 10:42
" Luce Lapin et copains " un site à consulter régulièrement !

À lire sur le site de Luce Lapin et copains :

• Votre "Actualité militante" de novembre et décembre. Soutien à Jean-Pierre Garrigues.

• PROTégeons les Enfants des Corridas, courrier à l’UNICEF : soutenons PROTEC !

Anticorrida : deux victoires du FLAC66 au tribunal. Un grand bravo à monsieur l'avocat !

• Calendrier 2015 : photos des chiens et chats de Beauregard, commandez-le vite, il est superbe !

• Fêtes et anniversaires : les animaux ne sont pas des jouets !

• La FNSE et ses grands amis, les chasseurs.

Galgos et podencos : pendus ou adoptés. Entretien avec Jérôme Guillot, président du CREL.

Et d'autres textes à découvrir ou à relire : toujours d'actualité… malheureusement. Ensemble, faisons en sorte que cela change !

www.luce-lapin-et-copains.com

Un site à consulter régulièrement et à faire connaître !

Bonne lecture, et merci de diffuser largement !

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:02

Refuge pour animaux " gut aiderbichl "

Quand les animaux d’élevage ne sont pas aussi rentables ou performants que ce que le marché exige, ils vont rapidement à l’abattage. Le but est de produire 50 litres de lait par jour, remporter un prix lors d’un concours hippique, grossir le plus vite possible pour finir sur les étals du boucher. Mais quand les animaux d’élevage ne remplissent pas leur fonction, ils sont mis au rebut . En Autriche, en Allemagne, en France et en Suisse, certains animaux peuvent continuer à vivre dans les « fermes refuge », sanctuaires de l’organisation « Gut Aiderbichl ».

C’est en voyant le triste sort réservé aux chiens errants à Málaga en Espagne que l’acteur Michael Aufhauser décide de réagir. Pour mettre un terme à la misère des animaux domestiques ou d’élevage , il fonde en 2001 « Gut Aiderbichl », une « ferme refuge », un sanctuaire pour animaux. Aujourd’hui, il dirige un vaste réseau de 25 fermes refuges. Le nombre de demandes urgentes d’accueil ne cesse de croître, de la poule élevée pour atteindre un poids d’abattage optimal en un temps record au troupeau de bovidés au grand complet. Chaque jour, cet organisme à but non lucratif doit relever d’incroyables défis logistiques. 360° - GEO est allé voir sur place.

Pour l’empêcher de quitter une étable insalubre, une vache est attachée à une chaîne qui lui lacère la chair. La paille n’a pas été changée depuis des semaines. Le paysan débordé a parqué un petit veau dans un enclos séparé pour le vendre prochainement. Nous sommes dans un élevage bovin où le prix du lait en chute libre et la pression de la concurrence nuisent de toute évidence au bien-être de l’animal . Ces 15 dernières années, en Allemagne un tiers des exploitations agricoles allemandes ont déposé le bilan. Le destin des hommes et des animaux est plus étroitement lié que la plupart des militants de la cause animale ne veulent bien le croire. Michael Aufhauser en a conscience. Son organisme « Gut Aiderbichl » cherche des solutions qui profitent aussi bien aux exploitants qu’aux bêtes. Il ne se contente pas de recueillir des animaux abandonnés, vieux ou malades, elle reprend des fermes entières qu’il remet en état pour permettre à tous, hommes et bêtes, de mener une vie digne. A une condition : les animaux ne doivent être soumis à aucune obligation de rendement, et ils doivent pouvoir vivre jusqu’à ce qu’une mort naturelle les emporte. Autant dire que cette option n’a rien de bon marché, car une vache peut facilement atteindre 20 ans. Et tout le monde ne partage pas ces principes militants. Les agriculteurs ne savent plus très bien que faire des animaux qui, jusque-là, n’étaient pour eux que des produits agroalimentaires pour eux. Ce conflit peut concerner tout le monde, consommateur ou producteurs, comme ces éleveurs auxquels Michael Aufhauser propose d’acheter vaches et veaux pour leur permettre de vivre conformément à leur nature.

Si vous n'avez pas vu le reportage d' ARTE consacré à ces " fermes refuge " qui accueillent plus de 5000 animaux à poils à plumes et plus ... voici le lien :

Vous pouvez continuer à regarder plein d'autres vidéos sur ce lien :

http://www.gut-aiderbichl.com/page.home.php?start=

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 11:49

(appel : Contre les harcèlements de l’Etat partial à l’encontre des opposants à la torture tauromachique, contre les procès abusifs faits aux militants, nous vous appelons à un rassemblement, le samedi 13 décembre, à 14 heures, devant la fontaine des innocents, à PARIS).

www.ecologie-radicale.org

La lettre de Gérard CHAROLLOIS le dimanche 16 novembre 2014

TEL 06 76 99 84 65

Droit des animaux ou devoirs de l’homme.

En un temps où l’humanité massacrent des milliards d’animaux d’élevage « produits » sur un mode industriel pour leurs viandes, où certaines religions perdurent à exiger de la souffrance préalable à la mort pour satisfaire les dieux, où des pays tolèrent encore la chasse loisir et des spectacles cruels impliquant des animaux, les législateurs promulguent, dans tous les pays, des lois proclamant que l’animal est un être sensible.

Si l’animal d’élevage et l’animal sauvage sont ainsi sacrifiés, maltraités, réifiés, pour le profit ou l’arriération, les animaux de compagnie voient leur sort s’améliorer.

Il y a, ici et maintenant, contraste entre l’affection prodiguée aux chiens et chats peuplant le foyer et l’indifférence nourrie d’une ignorance entretenue à l’égard des bovins, porcs, volailles, mais aussi renards, blaireaux et autres hôtes de nos bois.

Rien ne permet de justifier cet écart croissant entre les attentions bienveillantes portées aux premiers et cette coupable méconnaissance de l’enfer réservé aux seconds.

La pince métallique saisissant le blaireau ensanglanté par les morsures des chiens pour l’extraire de son terrier, dans la «vénerie sous terre » susciterait une juste indignation généralisée si elle perforait l’un de nos animaux de compagnie.

Or, le blaireau ou le renard ne souffrent pas moins qu’un chien ou qu’un chat, pas moins qu’un homme.

Tous ces êtres vivants possèdent un système nerveux leur permettant d’éprouver la souffrance, caractéristique essentielle fondant un droit à ne pas être maltraité.

Un droit ?

L’animal a-t-il des droits ?

Nos essayistes contemporains débattent ici sur le sexe des anges.

D’aucuns diront : « il faut certes protéger les animaux et considérablement améliorer les traitements que l’homme leur inflige. Mais, si l’homme a des devoirs envers eux, les animaux n’ont pas de droits, car, pour avoir des droits, il faut pouvoir contracter ».

Renvoyant à la théorie du contrat social de Jean-Jacques ROUSSEAU, ces penseurs au nombre desquels figurent certains amis des bêtes, soutiennent que la loi, le droit, sont produits d’une volonté générale.

Or, l’animal ne peut pas vouloir un droit. Il ne peut pas contracter avec une société politique.

Pour eux, l’homme, en revanche, par sa domination, sa maîtrise, contracte des devoirs envers les animaux.

Pour d’autres penseurs, l’animal possède bien des droits quand bien même ceux-ci nepeuvent lui être reconnus que par l’humain.

Vous lirez, dans les ouvrages et articles consacrés au sujet, les termes de cette querelle sémantique.

Je la trancherai, pour ma part, en lui retirant tout intérêt pratique et théorique.

En effet, si l’animal ne peut pas contracter avec quiconque, on pourrait en dire autant de l’enfant en bas-âge, du vieillard dément et pourtant, nul ne songerait à contester qu’ils aient des droits.

D’ailleurs, les nations-unies adoptèrent, en 1990, une convention internationale relative aux droits de l’enfant, convention ratifiée par la France qui édicta d’autres textes, dont une loi du 5 mars 2007 dite « relative aux droits de l’enfant ».

Certains répliqueraient, dans un esprit anthropocentrique que si l’enfant en bas-âge et l’animal ne peuvent pas contracter, le premier est d’essence différente et que cela suffit à justifier une différence d’approche de la reconnaissance d’un droit.

Reconnaître un droit aux animaux ne retire rien aux droits de l’enfance.

D’un point de vue logique, la théorie du droit de l’animal et celle du devoir de l’homme envers l’animal se rejoignent.

Le premier dira :

« l’animal possède le droit de ne pas être maltraité, car il est un être sensible ».

Le second répondra :

« L’homme a le devoir de ne pas maltraiter l’animal être sensible ».

Alors, fermons cette querelle abstraite pour condamner, tant sur le fondement du droit que sur celui du devoir, la tauromachie, la chasse, l’élevage concentrationnaire, les abattages rituels.

Ces pratiques méritent, non pas des réformes, des adoucissements, des atténuations, mais une abolition.

En réhaussant le statut de l’animal, on conforte les droits de l’homme en développant les qualités d’empathie qui font une civilisation digne et viable.

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

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POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 10:55
11 novembre : Hommage « aux animaux victimes des guerres des hommes »

Deux jours plus tôt, une chaîne de la TV nationale diffusait Cheval de guerre , le film de Steven Spielberg sorti en 2011 et adapté du roman War Horse de Michael Morpurgo. Cela tombait plutôt bien, parce qu’à La Griffe, nous avions décidé de tenter une action le 11 novembre, pour rendre justice à tous ces animaux que l’on pourrait sans doute compter par centaines de millions, sinon davantage, qui, de près ou de loin, depuis la nuit des temps, ont été mêlés malgré eux aux guerres des hommes et, dans l’immense majorité des cas, en ont été les victimes.

Le contexte était propice. Le centenaire du début de la Grande Guerre était là pour nous rappeler que les hommes n’avaient pas été les seuls à souffrir. De plus, un regard nouveau, grâce à des historiens comme Eric Baratay, se posait sur ces oubliés, ces « bêtes des tranchées » qui ont fait bien plus que leur office. Pour cette seule et horrible guerre, le chiffre de 14 millions d’animaux, dont 11 millions d’équidés, 100.000 chiens, 200.000 pigeons a été avancé… D’autres, animaux sauvages, animaux domestiques, animaux de ferme, ont, à des titres divers, partagé le quotidien des combattants de tous bords (il faut lire aussi le document publié par les éditions de l’Ane bleu, L’Ane de Gloire, de Raymond Boissy).

L’histoire, depuis qu’elle existe, nous offre maints témoignages de ces batailles sanglantes où les chevaux surtout étaient en première ligne. Mais avant l’histoire, il n’y a aucune raison de penser que les animaux n’étaient pas utilisés de la même manière. On en retrouve les traces jusqu’à 2.000 ans avant J.-C. Aujourd’hui encore, les armées de quasiment tous les Etats, qu’ils soient en guerre ou non, se servent des animaux pour différentes missions. Si le transport du matériel et des armes désormais ne leur est plus confié, ils continuent à remplir leur rôle de chair à canon en étant mis à contribution pour des actions de déminage où en général ils laissent la vie (dauphins, chiens), ils peuvent aussi être utilisés comme armes létales lorsqu’on attache sur eux des bombes (chiens et chats), etc.

En temps de paix, ils sont utilisés pour des expériences : chiens, cochons, primates… Et sans doute bien d’autres espèces. Mais tout ceci participe du secret défense.

Il s’agissait de rendre justice à tous ces animaux que nous prenons le plus grand soin à occulter, comme s’ils n’avaient jamais existé, comme si, en prenant leurs vies, c’était aussi leurs existences que l’on réduisait à néant. Nous avons donc pensé qu’il était légitime que nous participions, au nom de tous ces anonymes, aux cérémonies du 11 novembre 1914. A Clermont-Ferrand, une prise d’armes devait avoir lieu sur la place principale de la ville, la place de Jaude, à partir de 9 heures. Les dépôts de gerbe officiels, en revanche, étaient programmés pour 11 h 45, devant le monument aux morts dédié aux poilus de la Grande Guerre, place Salford. La Griffe ne pouvait-elle pas, elle aussi, apporter sa contribution aux cérémonies du souvenir avec une gerbe en mémoire des « animaux victimes des guerres des hommes » ? Nous tenions beaucoup à mettre « guerres » au pluriel, pour toutes les raisons que nous avons énoncées plus haut. Mais cela n’a sans doute pas convenu au fleuriste qui a préféré le singulier, de sorte que sur le ruban de notre gerbe rouge et blanche (rouge comme le sang des bêtes et blanche comme leur innocence) s’inscrivait en lettres d’or « Aux animaux victimes de LA GUERRE (c’est nous qui soulignons) des hommes ». Qu’importait. Nous n’allions pas lui en tenir rigueur.

Nous avions préalablement écrit à la mairie de Clermont-Ferrand et à la préfecture pour leur signifier notre intention de participer à la cérémonie. Cependant, nous avions jugé bon de préciser que notre intervention aurait lieu une fois que les cérémonies officielles seraient terminées. En attendant, nous avions rangé sagement notre gerbe au pied d’un panneau de la ville. Elle faisait un peu bande à part, alors que toutes les autres étaient regroupées en attendant de trouver leur place devant le monument. Et, du fait, elle a attiré l’attention de plusieurs personnes, certaines trouvant même l’initiative heureuse. Nous avons tout de même eu la visite d’émissaires de la préfecture, puis de la mairie, que nous avons dû rassurer sur nos intentions, et qui ont été, une fois tout cela bien précisé, d’une courtoisie et d’une amabilité exemplaires.

Lorsque ce fut notre tour d’avancer, nous l’avons fait sans tambours ni trompettes (les fanfares et autres chorales avaient levé le camp), en nous frayant un passage parmi tous ceux qui regagnaient leurs pénates. Nous étions une quinzaine, avec Eros et Crunch, deux adorables toutous qui ont tenu leur rôle avec beaucoup de patience et de dignité.

Les temps changent : un tel événement aurait-il été possible il y a seulement dix ans ? Sûrement pas. il aurait fait scandale et aurait été considéré comme une injure aux « morts pour la patrie ». Or, non seulement nous n’avons rencontré aucune hostilité, mais encore plusieurs personnes se sont-elles montrées intéressées par cette démarche. C’est qu’aujourd’hui, les cérémonies militaires ne sont plus ce qu’elles étaient. Finis les envolées martiales et le patriotisme cocardier. Finis les embrigadements, les fleurs au fusil et le ton revanchard. Les commémorations désormais ont la fibre compassionnelle. Et c’est tant mieux. Elles insistent sur la nécessité de la paix, et non sur l’inéluctabilité de la guerre. Ce sont les victimes les plus grands héros. Les victimes de tous bords. L’Histoire, la grande, est passée par là. Elle a emporté sur son passage les griefs, les vindictes, les rancunes. Aujourd’hui l’on sait que, citoyens du monde, nous partageons tous la souffrance et la mort.

Et c’est parce que les bêtes partagent aussi la souffrance et la mort avec nous qu’il convient de le rappeler et de leur rendre ce symbolique hommage. Puisse-t-il modestement contribuer à ce que tous les animaux soient désormais associés à notre mémoire, à notre émotion et à notre compassion.

Josée Barnérias

11 novembre : Hommage « aux animaux victimes des guerres des hommes »
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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 10:23

Retransmission d'un message d'Yves Bonnardel :

Bonjour,

je partage avec vous le très grand plaisir que j'ai pris à lire le texte de Estiva Reus, Introduction à Zoopolis de Sue Donaldson et Will Kymlicka. Un plaisir fondé sur le grand intérêt qu'il présente pour imaginer un autre monde aux interactions plus justes, riches et diversifiées aussi entre des individus d'espèces différentes. Il s'agit d'un texte magnifique qui présente de façon très rigoureuse mais passionnante le livre de Donaldson et Kymlicka, un livre qui semble véritablement devoir révolutionner la question animale et, espérons-le, le devenir des sociétés humaines.

Le texte de Estiva Reus, Quels droits politiques pour les animaux ? – Introduction à Zoopolis de Sue Donaldson et Will Kymlicka, vient de paraître sur le site des Cahiers antispécistes, ici. On peut le télécharger mis en page, en format pdf : édition de septembre 2014. Pratiquement, il s'agit carrément d'un petit livre à part entière, qui mériterait d'être édité aussi sur papier et diffusé dans toutes les bonnes librairies.

Le livre de Sue Donaldson et Will Kymlicka, Zoopolis – A Political Theory of Animal Rights (Oxford University Press, New York, 2011) n'est malheureusement pas encore traduit en français ; c'est aussi ce qui rend si précieux le travail de présentation de Estiva Reus.

En espérant vous donner le goût de le lire en entier, je vous livre ici quelques passages qui m'ont particulièrement plu de cette présentation :

Avant-propos

Zoopolis – A Political Theory of Animal Rights de Sue Donaldson et Will Kymlicka, est paru le 24 novembre 2011. Comme La libération animale de Peter Singer ou Les Droits des animaux de Tom Regan, il y a des chances que ce livre devienne un classique de la pensée contemporaine sur la question animale. Il appartient cependant à une génération différente de celle des écrits pionniers, et de la littérature qui s’en est suivie, largement axés sur la critique du spécisme, la condamnation des industries d’exploitation animale et la défense du véganisme comme alternative éthique aux modes de production et de consommation actuels.

Chez Donaldson et Kymlicka, l’accent est mis sur d’autres thèmes. En quelque sorte, les auteurs nous invitent à penser ainsi : « Nous avons bien avancé dans la compréhension de ce qu’il ne faut plus faire subir aux animaux. Mais que devraient être les relations entre les humains et les autres habitants de la Terre ? Il est temps de réfléchir davantage à la bonne manière de vivre avec les animaux en tant que voisins ou amis. » Voilà un champ immense qui appelle des réponses à des niveaux multiples : celui des relations interindividuelles dans leur singularité, celui de l’éducation et des normes acquises qui guident les comportements, celui des techniques et dispositifs matériels qui facilitent la coexistence… L’angle d’approche de Donaldson et Kymlicka consiste à s’intéresser essentiellement aux principes de base qui devraient régir l’architecture juridique et politique de la société. Quelles seraient les grandes lignes d’un cadre institutionnel juste prenant en compte les humains comme les non-humains ? Qu’impliquerait un tel cadre sur les conditions de vie concrètes des êtres sentients ? Tel est le sujet de leur réflexion.

Zoopolis est un livre important parce qu’il est une force de proposition dans un domaine jusqu’ici trop peu exploré. Il est en outre brillamment pensé et écrit. Nul doute que ce livre va susciter une masse de commentaires, prolongements et critiques, et que cette littérature secondaire viendra enrichir (et questionner) les bases posées par les auteurs.

Il va sans dire que la meilleure façon de prendre connaissance d’un ouvrage consiste à le lire. Tout compte rendu effectué par un tiers est un filtre qui réduit, transforme et réorganise l’information contenue dans l’original, même sans volonté délibérée de la travestir. Il m’a cependant paru utile de rédiger cette Introduction à Zoopolis parce que le cercle des personnes concernées par un livre dépasse de beaucoup son lectorat effectif. Ce texte-ci étant en libre accès sur Internet, il pourra atteindre une fraction des personnes qui n’achèteront pas Zoopolis, et donner à d’autres l’envie de l’acquérir. Par ailleurs, il n’existe pas pour l’heure d’édition française de ce livre. En attendant, les francophones qui lisent difficilement l’anglais pourront s’en faire une idée en parcourant les pages qui suivent. Le présent ouvrage comporte six chapitres. Les quatre premiers sont centrés sur Zoopolis proprement dit. Dans les chapitres 5 et 6, nous élargirons le propos à d’autres écrits des auteurs.

Estiva Reus

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Quand on vit avec des animaux et qu’on prête attention à eux, on est tout à fait capable de comprendre la signification de leurs attitudes, de discerner leurs préférences, d’entendre ce qu’ils attendent de nous, même s’il est vrai qu’il est nécessaire d’acquérir certaines connaissances pour ne pas commettre d’erreurs (par exemple, parce que chez certaines espèces la douleur est muette, et qu’on risque de ne pas se douter que l’animal souffre si l’on s’attend à des gesticulations ou vocalisations quand il a mal). Nous avons une aptitude naturelle à communiquer avec les animaux et eux cherchent à communiquer avec nous, à moins que nous ne manifestions une surdité telle qu’ils finissent par y renoncer. S’inspirant de K. Smith, Donaldson et Kymlicka suggèrent que cette surdité est une conséquence de la suprématie humaine. Étant en position dominante, les humains n’ont pas besoin de prêter attention à ce que veulent les animaux. Leur incapacité à comprendre les animaux n’est pas naturelle mais acquise.

(...)

Des animaux choisissent de venir vivre auprès de nous : ce n’est pas toujours nous qui allons les chercher. Il est faux qu’ils ne se résignent à fréquenter d’autres espèces que parce qu’ils sont privés de congénères. Des poules ayant des compagnes, abri et nourriture viennent tout de même toquer à la fenêtre, et apprécient pour certaines d’être caressées ou qu’on leur fasse la conversation. Ce n’est pas parce que des chiens sont plusieurs dans un même foyer qu’ils ignorent les chats ou se détachent des humains...

Certes, les interactions entre humains et animaux domestiques peuvent conduire à la subordination des seconds aux premiers. La conclusion à en tirer est qu’il faut chercher les conditions pour que cela n’ait pas lieu, et non que les relations doivent cesser. Nous avons vu (chapitre 2, section 3) que c’est dans cette optique que Donaldson et Kymlicka discutent dans Zoopolis la contribution que peuvent apporter les animaux à la société en tant que fournisseurs de biens ou services (par exemple, des moutons tondant des prairies ou des chèvres débroussaillant des forêts, en oeuvrant à leurs activités personnelles rendent aussi service à des humains...). Celle-ci ne doit pas être catégoriquement exclue a priori ; poser un tel principe reviendrait à écarter les animaux de la coopération, qui est une dimension importante de la vie en société. C’est dans le même esprit que doivent être pensées l’ensemble des relations sujettes à dérives potentielles.

De façon générale, on sait que les auteurs estiment que la parade la plus sûre réside dans une vraie possibilité de sortie pour l’individu qui se trouve dans un contexte ne correspondant pas à ses aspirations, c’est-à-dire dans l’existence de réelles alternatives se présentant à lui. Un des cas où la question des risques liés aux interactions se pose particulièrement est celui des activités dont l’exercice demande un apprentissage. Il est discuté par les auteurs dans « Citizen Canine ». Lorsqu’un apprentissage est nécessaire, on ne peut pas simplement placer un animal (ou autre individu) devant le choix de faire ou ne pas faire telle chose. Spontanément, il ne sait pas faire. Il peut s’agir de travail mais aussi de sports et loisirs, comme lorsque des chevaux font des promenades avec des cavaliers, lorsque des cochons jouent à des jeux vidéo, ou lorsque des chiens tirent des traîneaux, font du pistage ou pratiquent l’agility avec des humains. Les précautions à prendre relèvent pour beaucoup du sens commun. Ne pas imposer l’apprentissage à des individus qui manifestent de forts comportements de refus ou dont le caractère laisse présager que cela ne correspond pas à leurs aspirations. (Un cheval très distant avec les humains n’est pas a priori un bon candidat pour des activités demandant une étroite coordination avec eux. Un chien attentif, réactif, aimant beaucoup se dépenser, a plus de chances qu’un autre d’apprécier l’agility.) Ne pas imposer des exercices si prenants et intensifs que l’animal n’a plus le temps pour se livrer à d’autres activités (ou inactivités) qu’il aime, ou est tellement conditionné qu’il devient incapable d’imaginer faire autre chose. Pour stimuler l’élève et rendre attractif l’apprentissage, il est normal de recourir à des encouragements et à des récompenses. Mais une fois que l’animal a acquis les bases, il est temps de tester s’il en tire une satisfaction ou pas. C’est un peu comme quand on dit à un enfant « Prends quelques leçons de piano, et après tu verras si tu as envie de continuer ou pas. » Les cochons jouent- ils encore aux jeux vidéo s’ils sont dans un environnement où une large palette d’autres activités s’offre à eux (on sait qu’ils s’intéressent aux écrans tactiles lumineux quand cette distraction se présente dans un morne élevage en batterie). Jouent-ils encore si, quand ils gagnent à des jeux plus complexes, ils n’obtiennent pas une friandise ? Le chien sur le terrain d’agility est-il concentré et excité par le parcours à effectuer avec son humain, ou saisit-il la moindre occasion d’aller plutôt s’amuser avec d’autres chiens présents ?

Il est sage d’insister sur les précautions sachant d’où nous partons. Mais cela ne doit pas faire perdre de vue la satisfaction que chacun peut éprouver en pratiquant une activité qui sollicite « juste comme il faut » des capacités qu’il possède et aime exercer : assez difficile pour que réussir soit gratifiant, mais pas difficile au point d’être mis systématiquement en situation d’échec.

Parce que nous vivons dans une société multi-espèces, nous pouvons faire des rencontres, nouer des amitiés, acquérir des connaissances, avoir des occupations... auxquelles nous n’aurions jamais accès si nous ne fréquentions que des congénères. Notre univers mental et les opportunités qui se présentent à nous sont plus vastes parce que notre monde est fait de l’entrecroisement de plusieurs mondes. Dans les sociétés humanimales, c’est déjà vrai pour les humains et ce le sera pour les autres animaux quand des rapports de justice auront été établis avec eux, comme c’est déjà le cas pour les plus chanceux d’entre eux.

Quand un chien, un cheval ou un cochon est membre d’une société humanimale, c’est son droit de pouvoir y participer en utilisant son potentiel à plein. Nous devons permettre à chaque individu animal de réaliser son propre bien, au moins en partie, à travers ses relations avec un humain qui facilite sa participation à des activités dans lesquelles il ne pourrait pas s’engager sans cela. (...) En quoi de telles activités sont-elles un bien pour lui ? Comme on l’a dit plus haut, une chienne peut développer des savoir- faire spécifiques (...) et l’exercice de ces compétences peut lui procurer plaisir, satisfaction, confiance en soi, et peut-être un sentiment d’accomplissement. Elle peut acquérir des connaissances (la structure du réseau social de sa compagne humaine, les routines quotidiennes, les étranges manières des chats...) qui agrandissent et enrichissent son univers mental. De même que les humains aiment le frisson de l’amitié inter-espèces – l’étrange combinaison de connexion et de mystère, le défi mental de la communication, les opportunités de surprise, de respect et d’humour – ces mêmes satisfactions peuvent importer à des animaux domestiques.

Un animal qui vit uniquement dans un monde bovin ou chevalin expérimente un type de monde social avec ses opportunités spécifiques d’amitié, sollicitude, leadership, compétition, etc. Un animal qui vit dans un monde multi-espèces expérimente différents mondes sociaux imbriqués les uns dans les autres. Ces mondes lui ouvrent davantage de choix et d’opportunités. Prenons le cas d’une poule qui est au bas de l’échelle dans l’ordre social du picage et qui est souvent ostracisée par les membres de son groupe. Si c’est là son seul monde social, elle n’a pas de réelle alternative. Si par contre le groupe de ses congénères est inclus dans une société humanimale et qu’elle a aussi des interactions avec des humains (ou d’autres animaux), plutôt que de végéter aux marges du groupe de poules, elle peut choisir de se lier d’amitié avec un humain, un chien ou un cochon de la famille. Vivre dans une société humanimale peut accroître l’agence des animaux en élargissant leur monde social. (...) De nos jours, beaucoup d’études intéressantes portent sur la dimension créative de la vie inter-espèces. (Donaldson et Kymlicka, « Citizen Canine : Agency for Domesticated Animals », texte préparé à l’occasion du colloque « Domesticity and Beyond: Living and Working with Animals », Queen’s University, septembre 2012, téléchargé surhttps://queensu.academia.edu/WillKymlicka le 13 janvier 2014, p. 15)

Vivre dans une société multi-espèces est une chance. Il se pourrait bien que l’apport le plus précieux de Donaldson et Kymlicka au mouvement des droits des animaux réside précisément dans le fait d’avoir mis le projecteur sur cette chance, et sur la manière de faire en sorte qu’elle profite à tous les ressortissants des communautés mixtes.

6. Quel apport pour le mouvement de libération animale ?

À mon sens, il serait faux de dire qu’aujourd’hui le mouvement de libération animale prône la disparition des animaux domestiques (hormis dans une région bien particulière de celui-ci (Estiva Reus pense ici aux élevages)). Mais il est exact que l’essentiel du travail militant consiste à montrer l’injustice et l’horreur de ce que vivent les animaux utilisés comme objets de consommation, de divertissement ou d’expérimentation, de sorte que le seul ou le principal message que reçoit le public est : « Ces pratiques doivent disparaître. »

Il serait également faux ou excessif, selon moi, de dire qu’aujourd’hui le mouvement des droits des animaux dépeint ces derniers uniquement sous les traits passifs de victimes souffrantes. Les associations diffusent des vidéos, résumés de recherches scientifiques, ou récits de faits divers montrant la richesse de la vie affective des animaux, l’étendue de leurs capacités cognitives ou leurs tentatives de résistance (évasions hors des camions de transport ou des abattoirs par exemple). Mais une fois rapportés à la thématique « Mettons fin à l’élevage et à l’expérimentation », ces éléments ont finalement pour seule fonction de stimuler l’empathie du public pour les victimes de ces activités. La référence à la dimension active, créative, décisionnelle, affective, de la vie mentale des animaux sert d’abord à faire comprendre la frustration qu’on crée chez eux en les plaçant dans des conditions où elle ne peut pas s’exercer. Tout au plus peut-on y lire en creux une évocation de ce que ces animaux auraient pu faire de leur existence si elle n’avait pas été si dramatiquement entravée et écourtée. Certes, il n’est pas rare que des associations diffusent des reportages avant/après réalisés chez des particuliers ou dans des refuges qui accueillent des animaux venant de laboratoires ou d’élevages. Cependant, même alors, il reste un blanc. On a l’exposé d’une situation particulière, dont les acteurs sont parfois suivis dans la durée : par exemple, un porcelet soustrait à un élevage arrive dans une famille, on le voit jouer avec le chien, grandir, se prélasser sur le sofa à côté d’un humain, partager avec lui des amuse-gueule d’apéritif, se faire des amis, découvrir avec curiosité qu’il a neigé dehors... Mais si, au-delà du cas particulier, quelque chose est dit d’ordre plus général, ce sera une invitation à changer ses habitudes alimentaires (Go vegan), à s’engager aux côtés d’une association œuvrant à la disparition de l’élevage, ou à soutenir un refuge qui accueille des animaux sauvés de la boucherie. Finalement, l’idée que ces expériences pointent vers la forme future que pourraient prendre les sociétés humanimales demeure implicite, ou au mieux se réduit à une brève exclamation généralisant le cas particulier présenté.

Jusqu’ici, le mouvement des droits des animaux n’a eu aucun discours structuré sur ce que pourraient être des rapports justes entre habitants des sociétés multi-espèces, sinon pour dire ce qu’ils ne seraient pas. Et c’est en cela que Zoopolis peut changer la donne. Il ne faut pas attendre d’avoir fermé les abattoirs pour parler de citoyenneté animale. C’est maintenant qu’il faut réfléchir et communiquer sur la manière de bâtir les communautés des égaux que seront les sociétés multi-espèces. Se projeter dans un futur enthousiasmant, imaginer comment l’odyssée humanimale commencée sous un jour si désastreux peut déboucher sur un avenir attrayant aidera à en finir avec l’ère des abattoirs. Construire collectivement cet avenir n’est-il pas un projet qui sollicite « juste comme il faut » les capacités que nous possédons et aimons exercer ? Ce projet est assez prometteur et assez exigeant pour que la perspective de réussir si nous nous y engageons soit gratifiante. Et cependant l’objectif n’est pas trop difficile, il reste à notre mesure. Après-tout, il ne s’agit que de la petite fraction du monde que nous connaissons le mieux parce que nous y vivons, et tant les humains que les animaux domestiques ont les compétences requises pour y organiser ensemble une vie meilleure et plus juste.

Estiva Reus

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Published by le journal de campagne de KIKI DU 78 - dans animaux
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